jeudi 21 août 2014

Karl Hilzinger


Originaire de Montréal, Karl Hilzinger joua son football junior avec les Maple Leafs de Notre-Dame-de-Grâce.  En 1952, il fit le camp des Alouettes, mais pas l’équipe.
 
En 1953, il eut une seconde chance, avec les Roughriders de la Saskatchewan.  Il put alors jouer dans le champ arrière et sur les retours de botté.  Il accumula 211 verges au sol, 127 par la passe et 103 sur les retours.
 
Après avoir vu peu d’action en 1954, il se retrouva à Ottawa l’année suivante.  Il y passa quatre saisons.
 
Pendant sa carrière et par après, il passa ses hivers à travailler comme moniteur de ski au Mont-Tremblant.  Son physique avantageux lui permettait également de travailler comme mannequin, pour entre autres des présentations de maillots de bain.
 
 
Il semblait tout avoir pour lui.  Mais une partie de tout cela pris fin en 1964.  Alors qu’il était passager dans une auto décapotable, celle-ci heurta un poteau électrique.  Les quatre transformateurs qui y étaient accrochés tombèrent au sol.  Hilzinger se retrouva alors avec des fils à haute tension sur la poitrine, le bras droit et les jambes.  Comme ces dernières touchaient au sol, l’électricité les a traversées.  Étonnamment, Hilzinger n’est pas décédé.  Par contre, son bras et sa cage thoracique furent sévèrement brûlés.  Quant à ses jambes, elles durent être amputées.
 
Malgré cette difficile épreuve, il ne se laissa pas abattre.  Il trouva le moyen de continuer à skier, en plus de jouer au golf, de pratiquer la plongée, le ski nautique, la nage et le baseball.  Mais surtout, celui qu’on surnommait Karlo devint porte-parole des Amputés de guerre.  Au début des années 1980, les publicités où on le voyait skier sur ses moignons furent diffusées des centaines et des centaines de fois.  Cette campagne débuta une collaboration entre les Amputés de guerre et la Ligue Canadienne de Football qui demeure jusqu’à ce jour.
 
En 1984, il se mérita le Prix du progrès, pour sa contribution à la communauté.
 
Le 19 décembre 1988, à l’âge de 55 ans, Karl Hilzinger succomba à une crise cardiaque.
 
Sources :
 
“Chan likes Hilzinger” Ottawa Citizen, 28 juillet 1955, p.21,
 
“Hilzinger ’Fund’”, Ottawa Citizen, 2 octobre 1964, p.19,
 
“Friends wonder about Hilzinger” de Tim Burke, Montreal Gazette, 10 février 1984, p.C1,
 
“Sports Shorts”, Montreal Gazette, 21 septembre 1984, p.D4,
 
“Riders legend Jay Roberts left beautiful gift” de Earl McRae, Ottawa Sun, 9 octobre 2010 (ottawasun.com),
 
amputesdeguerre.ca, cflapedia.com.

jeudi 7 août 2014

Pierre Dumont


Après un passage avec les Carabins de l’Université de Montréal (première version), Pierre Dumont se présenta au camp de 1965 des Alouettes, mais il ne fit pas l’équipe.  L’année suivante fut par contre la bonne, alors que lui et Pierre Desjardins (voir texte du 18 octobre 2012) vinrent augmenter la délégation francophone dans l’équipe.
 
Utilisé principalement comme secondeur, il réalisa une interception dans une saison recrue écourtée par une blessure.
 
C’est une autre blessure qui lui fit rater la saison 1968 au complet.  Il revint en 1969, où il joua tous les matchs, en plus de réaliser une interception et un touché.  Il fut également le nominé de l’équipe pour le Trophée Jeff-Russel, remis au meilleur joueur de la division est.
 
Il faut dire par contre que les Alouettes venaient de connaître une saison horrible (2-10-2).  En fait, Dumont ne s’est pas retrouvé avec les Alouettes au cours de leur meilleure période.   Au cours de ses trois saisons avec le club (1966, 1967, 1969), il joua un total de 36 matchs.  Pendant ce temps, l’équipe cumula une fiche globale de 11-29-2.
 
En 1970, avec l’arrivée de Sam Berger comme propriétaire (voir texte du 5 novembre 2012), Red O’Quinn comme directeur-gérant (voir texte du 2 décembre 2013) et Sam Etcheverry comme entraîneur (voir texte du 6 juillet 2013), l’espoir renaît.  Et après une saison décente de 7-6-1, les Alouettes se faufilent et créent la surprise en remportant la Coupe Grey.  Mais à ce moment, contrairement à son coéquipier Desjardins, Dumont n’est plus avec l’équipe.
 
 
Il aura toutefois l’occasion de vivre des années plus heureuses d’une autre manière.  En plus d’être professeur d’éducation physique, Dumont a été pendant de longues années commentateur / analyste des matchs des Alouettes, autant à la radio de CKAC qu’à la télévision de Radio-Canada.  Et lorsque la situation le nécessitait, il n’hésitait pas à y aller de commentaires acerbes.  Dans la période pénible du début des années 1980, il pouvait arriver souvent que la situation le nécessite…
 
Il est aujourd’hui à la retraite.
 
Sources :   
 
Lemay, Daniel, Montréal Football, un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.136-137-146-147,
 
Turbis, Pierre et Bruneau, Pierre, La grande histoire des Alouettes de Montréal, Éditions de l’Homme, 2007, p.198,
 
« Une carrière lourde de conséquence » de Michel Marois, La Presse, 21 janvier 2012 (lapresse.ca),
 
cflapedia.com.

jeudi 31 juillet 2014

John Sopinka

Né en Saskatchewan mais ayant grandi à Hamilton, John Sopinka compléta son baccalauréat à l’Université de Toronto tout en jouant au football.  En 1954, il conclut sa carrière universitaire en aidant les Varsity Blues à remporter la Coupe Yates, le championnat inter-université de l’époque.
 
L’année suivante, il s’inscrivit en droit, toujours à l’Université de Toronto, sans toutefois arrêter de jouer au football.  Il se tailla en effet une place avec les Argonauts, où il fut utilisé comme secondeur, receveur de passes et retourneur de botté.  Toujours en étudiant, il poursuivit sa carrière au football en 1956 et 1957.  Au total, il joua 29 matchs avec les Boatmen, en plus de compléter la saison 1957 en jouant 8 matchs dans l’uniforme des Alouettes.  Il accumula 6 interceptions, 116 verges par la passe et 71 verges sur des retours de botté.  Il compta également 2 touchés.
 
En 1960, il fut admis au Barreau, pour ensuite pratiquer le droit.  Il devint plus tard partenaire senior de la firme Stikemen Elliott.  En plus d’enseigner à la faculté de droit de l’Université de Toronto et à Osgoode Hall, il devint également un avocat très en vue.  Il fut entre autres impliqué dans un procès hautement médiatisé au début des années 1980, lorsqu’une infirmière de l’Hôpital pour enfants de Toronto fut accusée du meurtre de dizaines de nourrissons par empoisonnement.  Sa cliente fut finalement innocentée et compensée pour avoir été faussement accusée.
 
En 1985, il fut impliqué dans la Commission Deschênes, au sujet de la présence de criminels de guerre au Canada.
 
En 1988, Sopinka fut nommé à la Cour Suprême par le premier ministre Brian Mulroney.  Il s’agissait de la première fois qu’on nommait quelqu’un à un tel poste sans qu’il ait été juge au préalable.  Il devint également le premier d’origine ukrainienne à y occuper un siège.
 
En 1997, suite à une maladie rare du sang, il décéda à l’âge de 64 ans.
 
Depuis, le nouveau palais de justice au centre-ville d’Hamilton a été nommé en son honneur.  La Coupe Sopinka a aussi été créée pour récompenser les gagnants d’un concours de plaidoirie, impliquant des étudiants en droit de partout au Canada.
 
Sources :  cflapedia.com, scc-csc.gc.ca, thecanadianencyclopedia.com, wikipedia.org.

jeudi 24 juillet 2014

Woody Strode

Au début des années 1940, on retrouvait au sein de l’équipe de football de UCLA Jackie Robinson, Kenny Washington et Woody Strode.  Robinson fut en 1946 le premier noir à jouer au baseball organisé avec les blancs, d’abord avec les Royaux de Montréal de la Ligue Internationale, puis avec les Dodgers de Brooklyn de la Ligue Nationale.
 
Strode, quant à lui, revint de la guerre avant de devenir cette même année, avec Washington, les premiers noirs depuis 1933 à jouer dans la NFL.   Au même moment, Herb Trawick et John Moody faisaient la même chose pour la LCF avec les Alouettes (voir texte du 19 décembre 2012).  Il faut dire que les Rams n’avaient pas vraiment eu le choix.  Jusque-là basés à Cleveland, ils voulaient déménager à Los Angeles.  Par contre, pour leur louer le Coliseum, les autorités locales avaient exigé qu’ils embauchent des joueurs noirs.  Les Rams se tournèrent donc vers les deux anciennes gloires universitaires locales.
 
Pour Strode, l’expérience fut de courte durée et pénible.  Autant lui que son épouse (d’origine hawaïenne) furent constamment victimes d’abus verbal, principalement de la part des partisans.  (Sa femme en est même venue aux coups à une occasion.)  En 1947, il ne fit pas l’équipe.  En 1948, il tenta sa chance du côté des Dodgers de Brooklyn de l’AAFC (All-America Football Conference), mais sans succès.
 
Il se tourna alors vers la LCF et les Stampeders de Calgary.  Il se joignit ainsi à la seule équipe de l’histoire de la ligue à afficher une fiche parfaite (12-0).  Sa contribution importante lui valut une nomination au sein de l’équipe d’étoiles. 
 
Le tout culmina avec la première présence de l’histoire des Stampeders à la finale de la Coupe Grey.  Enthousiastes, une forte délégation de partisans de Calgary débarquèrent à Toronto et firent un grand déjeuner aux crêpes, une première qui est devenue une tradition qui existe toujours.  Les partisans allèrent même jusqu’à faire entrer un cheval dans le lobby du chic hôtel Royal York.  C’est d’ailleurs Strode qui le chevauchait.  C’est ainsi que furent créées, de manière spontanée et informelle, les premières festivités de la Coupe Grey.
 
Sur le terrain, Strode contribua en recouvrant un échappé au quatrième quart et en l’amenant jusqu’à la ligne de 11 verges.  Ce jeu mena au touché qui s’avéra décisif, dans une victoire des Stampeders 12-7 contre Ottawa.
 
Strode fut aussi élu au sein de l’équipe d’étoiles en 1949, mais une blessure le força à prendre sa retraite du football.  Il se dirigea alors vers le monde de la lutte professionnelle, lui qui en avait déjà fait au début des années 1940.  Il monta sur le ring jusqu’en 1960, mais à partir de 1952, il combina cette occupation avec le cinéma.
 
En plus de faire des apparitions à la télévision, il eut l’occasion de participer à de nombreux longs métrages, principalement des films d’action et des westerns, où son physique avantageux pouvait être mis en évidence.  En 1956, il prit part au tournage des ˮDix commandements.ˮ  En 1960, ce sera "Spartacus" de Kubrick.  Cette même année, il participa avec John Ford à ˮSergeant Rutledge.ˮ  Il développa alors une amitié avec Ford, avec qui il travailla sur plusieurs films par la suite comme ˮTwo Rode Togetherˮ et ˮThe Man Who Shot Liberty Valenceˮ.  En 1966, il fit partie du grand succès ˮThe Professionnalsˮ de Richard Brooks, avec Burt Lancaster.
 
Jugeant qu’il y avait peu de rôles intéressants pour un acteur noir du côté des États-Unis, il prit à la fin des années 1960 le chemin de l’Italie, où il tourna ˮBlack Jesusˮ, ˮIl était une fois dans l’Ouestˮ de Sergio Leone et plusieurs autres Westerns Spaghettis.
 
Il revint plus tard tourner aux États-Unis, par exemple dans le Cotton Club de Francis Ford Coppola, en 1984.
 
Actif jusqu’à la fin, il est décédé en 1994, à l’âge de 80 ans.
 
Sources : « Woody Strode :  Pioneer of ring, field and screen” de Greg Oliver (slam.canoe.com), biography.com, cflapedia.com, wikipedia.org.

vendredi 18 juillet 2014

Annis Stukus


Originaire de Toronto, Annis Stukus débuta sa carrière dans sa ville, avec les Argonauts, en 1936.  Jouant principalement comme quart-arrière, il fut également utilisé comme botteur, ainsi qu'à d'autres positions.  Il était accompagné par son frère Bill, qui jouait aussi au quart, en plus d’être maraudeur.  Dès la saison suivante, les deux frères gagnèrent la Coupe Grey.   En 1938, ils furent rejoints par un troisième frère Stukus, Frank, qui jouait dans le champ arrière.  En fait, il est même arrivé qu’ils se retrouvent tous les trois derrière la même ligne de mêlée.  Cette saison fut couronnée d’une deuxième Coupe Grey.  Au plan individuel, Annis fut nommé quart-arrière de la première équipe d’étoiles cette même année.
 
 
Les trois frères demeurèrent avec les Boatmen jusqu’en 1941.  Par la suite, la Deuxième Grande Guerre entraîna la suspension des activités des Argos.  Les frères Stukus allèrent donc jouer au niveau senior et avec des équipes militaires, parfois ensemble, parfois séparément.
 
En 1947, seul Bill retourna avec les Argonauts.  De son côté, Annis fit sa première incursion hors du football pour la saison 1946-47, alors qu’il agit comme consultant pour les Huskies de Toronto, une équipe de basketball de la BAA (l’ancêtre de la NBA).  Cette versatilité lui servit à plusieurs occasions au fil des années.  Par contre, l’équipe disparut à la fin de la saison.
 
En 1949, Annis fut au cœur du retour des Eskimos d’Edmonton, après neuf ans d’absence, alors qu’il fut joueur, entraîneur et directeur-gérant de l’équipe.  Son frère Bill l’accompagna.  L’aventure dura jusqu’en 1951.
 
En 1954, il réalisa une autre première.  Il devint le premier entraîneur et directeur-gérant de la nouvelle équipe de Vancouver, les Lions de la Colombie-Britannique.  Il occupa ce poste pendant deux ans.
 
Il devint par après journaliste pour le Vancouver Sun, où il ne couvrit pas seulement les sports, mais aussi l’actualité internationale, en y allant de reportages sur le terrain. 
 
C’est ensuite du côté du hockey qu’il se dirigea.  Il devint en 1967 directeur-gérant des Canucks de la Western Hockey League (WHL).  Par contre, c’est en 1972 qu’il attira le plus l’attention dans le monde du hockey.  Devenu directeur-gérant des Jets de Winnipeg de l’AMH (Association Mondiale de Hockey), de concert avec la ligue, il signa Bobby Hull pour dix ans pour un total de 2,75 millions, une somme sans précédent à l’époque.
 
Il conserva ce poste jusqu’en 1974, après quoi il alla travailler dans un quatrième sport, en étant à l’emploi des Whitecaps de Vancouver de la NASL (North American Soccer League).
 
Membre du Temple de la Renommée du football canadien depuis 1974 et du Panthéon des sports du Canada, le trophée remis au meilleur entraîneur de la LCF porte son nom.
 
Il est décédé en 2006, à l’âge de 91 ans.
 
Sources:
 
“Annis Stukus” de George Gross (sportsmediacanada.ca),
 
“Argos’ Annis Stukus was one of a kind” de Peter Worthington, 23 novembre 2012 (slam.canoe.ca),
 
bcsportshalloffame.com,

cfl.ca,
 
cflapedia.com,
 
wikipedia.org.

jeudi 10 juillet 2014

Bud Grant


Ayant souffert de la polio au cours de son enfance, Bud Grant fut encouragé par son médecin à pratiquer des sports pour développer ses jambes affaiblies.  Il en développa un véritable talent, lui qui joua plus tard autant au sein des équipes de baseball, football et basketball de l’Université du Minnesota.
 
Son talent fut suffisamment remarqué pour être repêché par les Lakers de de Minneapolis de la NBA (en quatrième ronde) et par les Eagles de Philadelphie de la NFL (en première ronde). 
 
Puisqu’il avait été choisi par l’équipe locale et qu’il connaissait le directeur-gérant des Lakers, Grant préféra le basketball.  Joueur réserviste, il fut de leur alignement pendant deux ans, faisant partie de l’équipe championne de 1950.
 
En 1951, il décida de se réorienter vers le football et se dirigea vers Philadelphie.  Il demeure à ce jour le seul à avoir joué autant dans la NBA que la NFL.  Il joua d’abord une première saison sur la ligne défensive (où il mena l’équipe pour les sacs) et une deuxième comme receveur de passe.
 
Suite à une dispute salariale avec les Eagles, Grant décida de retourner au centre du continent, mais au nord de la frontière cette fois.  Il accepta une offre des Blue Bombers de Winnipeg, qui avait un œil sur lui depuis son passage universitaire. 
 
Jouant autant sur la ligne offensive que comme receveur de passe, il eut un succès immédiat.  Il mena la section ouest en 1953 et en 1956 pour les verges gagnées par la passe, en plus de faire partie de l’équipe d’étoiles à trois reprises.  Le 28 octobre 1953, il réalisa cinq interceptions, ce qui constitue un record pour un match de séries.  
 
Alors que l’équipe cherchait un nouvel entraîneur-chef pour la saison 1957, Grant postula sur le poste.  Malgré un certain scepticisme, Grant convainquit le président de l’équipe de lui donner sa chance.  Il ne fut pas déçu. 
 
Dès sa première saison, les Bombers compilèrent une fiche de 12-4, en plus de se rendre à la finale de la Coupe Grey contre les Tiger-Cats.  Il s’en suivit une intense rivalité entre Winnipeg et Hamilton au sommet de la ligue.  De 1957 à 1965, les Bombers et le Ticats s’affrontèrent six fois en finale de la Coupe Grey.  Étonnamment, lorsque les deux équipes se rendaient en finale, elles se rendaient ensemble.  Elles y étaient ensemble ou pas du tout.  Les Bombers remportèrent quatre de ses six duels.
 
À partir de 1964, Grant occupa également le poste de directeur-gérant.  En 1965, il remporta le Trophée Annis Stukus, comme entraîneur de l’année dans la LCF.
 
En 1961, Max Webster, le propriétaire des nouveaux Vikings du Minnesota, avait tenté de convaincre Grant de prendre charge de son équipe d’expansion, mais ce dernier avait refusé.  Suite à la saison 1966, Grant avait maintenant une fiche de 102-56-2 et quatre titres de la Coupe Grey à son actif.  Lorsque Webster rappliqua avec son offre, il jugea qu’il était prêt pour un nouveau défi.
 
Une de ses premières tâches fut de se dénicher un nouveau quart et pour ce faire, il regarda au nord de la frontière.  Comme entraîneur des Bombers, il avait affronté à de nombreuses reprises Joe Kapp.  Le directeur-gérant des Vikings, Jim Finks, avait déjà occupé le même poste chez les Stampeders de Calgary et dans ce cadre, c’est lui qui avait embauché Kapp.  Les deux se sont donc entendus sur leur homme.  Mais comme Kapp était sous contrat avec les Lions de la Colombie-Britannique, il fallait trouver une solution.
 
Les Vikings avaient dans leur alignement Jim Young (voir texte du 21 août 2013), qui voulait retourner au Canada et qui intéressait les Lions.  Par contre, ses droits dans la LCF appartenaient… aux Argonauts.
 
Les Lions durent donc échanger deux joueurs étoiles, Dick Fouts et Bill Symons, aux Argonauts en retour des droits sur Young.  Par la suite, Young fut "libéré" par les Vikings et signa avec les Lions.  De l’autre côté, Kapp fut "libéré" par Lions et signa avec les Vikings.  D’une certaine façon, Young et Kapp ont ainsi fait l’objet d’un "échange" entre les deux ligues.
 
Dès sa deuxième saison, Grant, à l’aide Kapp et de ses méthodes disciplinées, mena les Vikings au titre de la division centrale de la NFL.  Il s’agissait du premier de onze titres de division au cours des treize années suivantes.  En 1969, les Vikings remportèrent le titre de la NFL, avant de s’incliner devant les Chiefs de Kansas City au Super Bowl IV.  (À ce moment, la NFL et l’AFL se disputaient le Super Bowl, mais n’avaient pas officiellement fusionné.)  Durant cette même année, Grant fut nommé l’entraîneur de l’année.
 
Les Vikings de Grant effectuèrent trois autres présences au Super Bowl, mais ils durent toutefois s’avouer vaincus à chaque occasion, contre Miami, Pittsburgh, puis Oakland.
 
Grant demeura en poste jusqu’en 1983, puis revint pour la saison 1985.  Au total, il cumula une fiche de 158-96-5.
 
En combinant sa fiche dans les deux ligues, son total de 260 victoires le place au troisième rang, derrière Don Shula et George Halas.
 
Il fut intronisé au Temple de la Renommée du football canadien en 1983.  En 1994, il reçut le même honneur du côté des États-Unis.  Par le fait même, il devint le premier à être honoré des deux côtés de la frontière.  (Il a depuis été rejoint par Warren Moon, voir texte du 5 septembre 2012.)  

jeudi 3 juillet 2014

Carl Weathers


Originaire de Louisiane, Carl Weathers se dirigea vers la Californie pour étudier et jouer au football.  Suite à son passage à San Diego State University, le secondeur ne fut pas repêché, mais il attira tout de même l’attention des Raiders d’Oakland.
 
Il se présenta donc au camp de 1970, où il fit suffisamment bonne impression pour faire l’équipe et jouer sept matchs au cours de la saison.
 
L’année 1971 fut moins intéressante pour Weathers.  Il ne joua qu’un match régulier avant d’être coupé.  Il obtint par contre une deuxième chance du côté de la Ligue canadienne, avec les Lions de la Colombie-Britannique.  Il termina la saison en jouant quelques matchs dans leur uniforme.  Il vit également de l’action en 1972, en jouant au total 18 matchs.  Par contre, il fut régulièrement blessé, ce qui nuit évidemment à sa carrière.  Il fut libéré avant le début de la saison 1973.
 
Ayant déjà travaillé comme mannequin, il décida ensuite de  retourner en Californie pour entreprendre une carrière d’acteur.
 
Il eut de petits contrats dans des comédies de situation, mais en 1976, il obtint un premier rôle d’importance au cinéma.  Il s’agissait par contre d’un film dont le personnage principal était tenu par un quasi inconnu et pour lequel le studio avait des attentes modestes.  Le film en question s’appelait « Rocky » et l’inconnu, à qui il donnait la réplique, Sylvester Stallone. 
 
La suite appartient à l’histoire.  Le film eut un succès phénoménal et fit de Stallone une grande vedette.  De plus, il entraîna la production de cinq autres films, le dernier (du moins pour le moment) étant lancé 30 ans après le premier.  Au total, les six films ont généré des recettes de plus d’un milliard $. 
 
De son côté, Weathers ne participa « seulement » qu’aux quatre premiers films, puisque son personnage d’Apollo Creed meurt dans « Rocky IV ».  (Désolé pour ceux qui ne le savaient pas déjà…)  
Il le vit par la suite dans plusieurs films, incluant dans les comédies « Happy Gilmore » et « Little Nicky », dans lesquelles il tient un rôle important auprès d’Adam Sandler.  Il a également travaillé à la télévision (entre autres dans la comédie « Arrested Development ») et fait des voix pour des personnages de dessins animés.  Par contre, il demeure associé principalement associé à son personnage d’Apollo Creed, librement inspiré de Mohammed Ali.
 
Sources : cfl-scrapbook.no-ip.org, wikipedia.org.