jeudi 2 juillet 2015

Lawrence Phillips


Lawrence Phillips possédait un talent indéniable.  Malgré une enfance difficile, il avait attiré l’attention des universités les plus prestigieuses.  Phillips opta finalement pour les Cornhuskers de l’Université du Nebraska.
 
Dès sa première année, il aida Nebraska à remporter l’Orange Bowl contre Florida State.
 
En 1994, des blessures à des joueurs importants lui laissèrent encore plus de place.  Mais pendant que les Cornhuskers luttaient pour le championnat national, Phillips dut faire face à des accusations d’assaut et de vandalisme.  Malgré tout, Nebraska remporta encore l’Orange Bowl et mis la main sur le championnat national.
 
Phillips débuta ensuite la saison 1995 en lion et son nom était mentionné comme vainqueur potentiel du Trophée Heisman.  Il eut par contre à nouveau des problèmes avec la justice lorsqu’il fut arrêté pour assaut contre sa petite amie, une joueuse de basketball à la même université.  Bien que suspendu, le maintien de Phillips au sein de l’équipe suscita la controverse.  Son entraîneur fut accusé d’être complaisant avec lui, ce à quoi il répliqua que Phillips avait besoin de la structure que lui fournissait le football. 
 
Phillips joua les derniers matchs de la saison, ainsi que le Fiesta Bowl, qui s’avéra être le match de championnat national.  Sa performance remarquable permit à Nebraska d’avoir le dessus sur la Floride et l’incita à se rendre disponible au repêchage immédiatement.
 
Phillips se retrouva probablement comme le joueur le plus talentueux de l’encan de 1996, mais certaines équipes eurent des hésitations, en raison de son comportement hors du terrain.  Ce sont finalement les Rams de St-Louis qui le choisirent, au sixième rang.  Ils échangèrent alors le futur membre du Temple de la renommée Jerome Bettis pour lui faire de la place et lui offrirent un important contrat.
 
La lune de miel ne dura toutefois pas longtemps.  Moins de deux saisons et 23 jours de prison plus tard, les Rams en eurent assez.  Malgré son immense talent, son attitude et ses problèmes hors du terrain finirent par venir à bout de leur patience.  Phillips fut libéré.  Il joua ensuite deux matchs avec les Dolphins, mais après qu’il fut accusé d’assaut sur une femme dans une boîte de nuit, Miami le libéra à son tour.
 
Il dut alors se résoudre à passer la saison 1998 à l’extérieur de la NFL.  Il prit donc le chemin de Barcelone, pour s’aligner avec les Dragons de la NFL Europe.  Ses bonnes performances lui valurent une troisième chance, avec les 49ers de San Francisco cette fois.
 
Après avoir rassuré sa nouvelle équipe, Phillips fit l’équipe, mais principalement comme retourneur de botté.  Lorsqu’il était utilisé dans le champ arrière, ses blocs laissaient plutôt à désirer.  Au cours d’un match contre les Cardinals, il rata un bloc sur un blitz.  Le joueur des Cards put ainsi atteindre le quart Steve Young, qui subit une commotion qui mit éventuellement fin à sa carrière.
 
Phillips se mit ensuite à rater des entraînements et à se disputer avec ses entraîneurs.  Après avoir été suspendu, Phillips fut finalement libéré par les Niners.
 
Après une saison loin du terrain, Phillips signa en 2001 avec les Bobcats de la Floride, une équipe de l’Arena Football League.  Toutefois, avant même de jouer un seul match, il quitta l’équipe sans avertir personne.
 
Le fait qu’en 2002, il ait malgré tout obtenu une autre chance montre à quel point il était talentueux.  Cette fois, ce sont les Alouettes de la Ligue canadienne qui lui donnèrent.  Pour lui faire de la place, ils durent tout de même mettre de côté le vétéran Mike Pringle, qui est aujourd’hui le meneur de tous les temps de la LCF pour les verges au sol, non sans une certaine controverse.  Phillips sembla avoir appris sa leçon.  Il accumula 1022 verges au sol et marqua 13 touchés, même s’il trouva quand même le moyen d’abandonner son équipe à un moment au cours de la saison.  La recette fonctionna malgré tout et les Alouettes remportèrent la Coupe Grey.
 
 
Au camp de 2003, Phillips eut une dispute salariale et mit du temps à se présenter.  Et lorsqu’il s’avéra qu’il faisait face à des accusations d’agression sexuelle, il fut libéré par les Alouettes.  Il se trouva plus tard du boulot avec les Stampeders de Calgary, mais lorsqu’il argumenta avec l’entraîneur-chef Jim Barker, il fut à nouveau libéré.
 
Après avoir épuisé toutes ses chances dans le monde du football, Phillips n’allait tout de même pas rentrer dans le droit chemin…  De retour aux États-Unis, Il fut accusé d’assaut envers des adolescents, alors qu’il les a poursuivi abord de sa voiture sur un terrain de football.  Il fut également accusé de multiples chefs d’accusation de violence conjugale, incluant une où il a étranglé son ex-petite amie au point de la rendre inconsciente.  Il écopa au total de 31 ans de prison.
 
Même en prison, Phillips trouva le moyen de faire les manchettes.  En avril 2015, son compagnon de cellule, un ancien joueur de football, a été retrouvé étranglé.  Phillips est considéré comme suspect.
 
Sources : ″Lawrence Phillips, former NFLer, a suspect in prison death″, The Associated Press, 13 avril 2015, CBC News (cbc.ca), cflapedia.com, wikipedia.org.

mardi 23 juin 2015

J.C. Watts


Julius Caesar Watts Jr. est originaire de l’Oklahoma.  Son père était un pasteur baptiste et a été le premier policier noir de sa ville d’Eufaula, une communauté pauvre et rurale.
 
Junior se mit plus tard au football, comme c’est très commun dans ce coin de pays.  En tant que quart-arrière, il devint le premier noir de son école secondaire à occuper cette position.
 
Le chemin naturel pour Watts consista ensuite à se diriger vers les Sooners de l’Université de l’Oklahoma, où il devint le deuxième quart de l’équipe.  Ne progressant pas au rythme voulu, il abandonna deux fois, jusqu’à ce que son père le convainque de revenir sur sa décision.  Watts devint finalement quart partant et il mena les Sooners à la victoire lors de l’Orange Bowl en 1979 et en 1980.
 
Au repêchage de 1981, il fut choisi en huitième ronde (213e au total) par les Jets de New York, même si les quarts noirs étaient très rares à ce moment.  Il prit finalement le chemin du Canada, en s’alignant avec les Rough Riders d’Ottawa.
 
Watts parvint à s’illustrer au sein d’une équipe faible, qui montra une fiche de 5-11.  Par contre, ce fut suffisant pour se faufiler dans les séries.  À ce moment, les Riders causèrent la surprise en éliminant les champions de l’est, les Tiger-Cats d’Hamilton.
 
Ottawa se retrouva donc en finale de la Coupe Grey, qui avait lieu au Stade Olympique de Montréal, contre les puissants Eskimos d’Edmonton.  Ces derniers, menés par Warren Moon (voir texte du 5 septembre 2012), étaient en quête d’une quatrième Coupe Grey consécutive, ce qui aurait constitué un record.
 
Watts a toutefois pris les choses en main et à la demie, les Riders menaient 20-1.
 
Les Eskimos se sont par contre ressaisis en deuxième demie.  Dave Cutler a effectué un botté de placement dans les dernières secondes du match et les Eskimos l’ont emporté de justesse 26-23.  L’année suivante, ils ont remporté une cinquième Coupe Grey consécutive, une marque qui tient toujours.
 
Toutefois, malgré la défaite, les 209 verges obtenues par la passe et les 29 autres qu’il a lui-même couru valurent à Watts d’être désigné joueur offensif du match.  Watts avait par contre accordé un revirement inopportun en fin de match.
 
Suite à une dispute salaire, Watts rata la saison 1982 en entier.
 
Watts revint avec l’équipe en 1983.  À chacune des trois saisons suivantes, il accumula autour de 3000 verges par la passe.  Toutefois, il accordait également beaucoup d’interceptions et les résultats de l’équipe étaient plutôt moyens.
 
Au cours de la saison 1986, il fut libéré par Ottawa et réengagé par les Argonauts de Toronto.  Il prit ensuite sa retraite du football.
 
Il retourna alors vivre en Oklahoma, devint pasteur baptiste comme son père et démarra une entreprise de construction.  C’est dans ce contexte que, suite à sa frustration d’avoir à faire face à des réglementations gouvernementales, qu’il décida de s’impliquer en politique et de militer au sein du Parti républicain.  À noter que sa famille était traditionnellement très démocrate.
 
En 1994, il se porta candidat au Congrès avec des positions conservatrices, entre autres en faveur de la peine de mort et contre l’avortement.  Watts reçut l’appui de plusieurs noms importants du parti et parvint à remporter l’élection contre un adversaire démocrate plus connu que lui.  Il devint l’un des deux noirs au Congrès du côté républicain et le seul du sud en plus d’un siècle.
 
Toujours associé à l’aile conservatrice du parti, il fut réélu en 1996, 1998 et 2000, sa dernière élection.  Il a également été co-président de la campagne présidentielle de Bob Dole en 1996.
 
Il a par la suite été lobbyiste, commentateur politique, membre de conseils d’administration, en plus d’écrire sa biographie.
 
Sources : ″Another small crowd watches Riders top Concordes″ de Dick Bacon, 23 juin 1982, Montreal Gazette, B-7, ″Super Bowl XXIX; Former Football Stars Bring Game Plans to Capital″ de Paul Kuharsky, 28 janvier 1995, The New York Times (nytimes.com), cflapedia.com, wikipedia.org.
 

 

mercredi 26 novembre 2014

Le Fog Bowl


Fin des années 1950, début des années 1960.  Deux équipes dominent la Ligue Canadienne de Football : les Blue Bombers de Winnipeg dans l’ouest et les Tiger-Cats de Hamilton dans l’est.  La confrontation de 1962 était la cinquième en six ans entre ces deux équipes.  Les Bombers en ont remporté trois.
 
Le match de la Coupe Grey était prévu pour le samedi après-midi, à l’Exhibition Stadium de Toronto.
 
C’est Garney Henley (voir texte du 29 mars 2013) qui a ouvert le pointage pour Hamilton, avec un touché sur un jeu de 74 verges.  Le converti a par contre été raté par Don Sutherin.
 
 
 
Au début du deuxième quart, les Bombers ont répliqué avec un touché de Leo Lewis.  Charlie Shepard a suivi avec un autre pour donner l’avance à Winnipeg.  Hamilton revint avec deux touchés, mais un autre converti fut raté.  La marque était donc 19-14 Hamilton.
 
C’est alors qu’un épais brouillard venant du lac Ontario se leva, même si la chose était habituellement rare, surtout en après-midi.  Il est devenu très difficile aux spectateurs sur place et aux téléspectateurs de CBC et ABC de suivre l’action.
 
Sur le terrain, le jeu de passe devint presque impossible et le travail des retourneurs drôlement compliqué.  Garney Henley affirma qu’on pouvait voir les adversaires s’approcher, mais seulement de la taille vers le bas.
 
À la demie, les cheerleaders se cognaient entre elles.
 
 
Lewis et Henley marquèrent leur deuxième touché respectif.  Don Sutherin, qui définitivement eut un match difficile, marqua un simple sur une tentative de placement ratée.  Il faut dire que réussir un placement dans un tel brouillard ne devait pas être évident…
 
Avec une marque de 28-27 et un peu plus de cinq minutes à faire au quatrième quart, l’arbitre décida que la situation devenait intenable et décida de prendre une pause de 20 minutes.
 
Une fois terminée, le commissaire Syd Halter décida qu’il n’y avait rien à faire.  Le match fut suspendu jusqu’au lendemain.
 
À leur retour, aucune équipe n’a marqué.  Les points ratés de Sutherin ont mal.  Winnipeg l’a emporté 28-27.  Leo Lewis a été désigné joueur du match.
 
Le légendaire Jackie Parker, des Eskimos (voir texte du 16 février 2013), qui assistait au match comme spectateur, déclara alors qu’il s’agissait du meilleur match qu’il n’a jamais vu…
 
ABC n’a pas rediffusé de match de la LCF par la suite.
 
Sources :  « The Story of the 1962 Grey Cup » d’Alan Christie, 11 octobre 2008 (cfl.ca), wikipedia.org.

vendredi 14 novembre 2014

Le Ice Bowl


En 1977, les Alouettes sont dans une période heureuse.  Dirigés de main de maître par Marv Levy, l’équipe a remporté la Coupe Grey en 1974 et fait la finale en 1975.  Malgré une saison un peu décevante en 1976, l’équipe s’est bien reprise l’année suivante avec une fiche de 11-5 et une première place dans l’est.

Dans les estrades aussi les choses vont bien.  En fait, elles sont au sommet.  Suivant les Olympiques, les Oiseaux ont terminé leur saison 1976 dans le tout nouveau stade.  Il est vaste, moderne et confortable.  Finis le vent et le froid associés à l’Autostade, le mal aimé.  Alors que le stade était depuis quelques années un handicap pour les Alouettes, il devient depuis le déménagement un atout.  On veut le voir, tout comme on veut voir l’équipe sur le terrain.  Avec comme résultat que les foules sont considérables pour les matchs de football.  Au cours de la saison 1977, les Alouettes attirent en moyenne 59 067 spectateurs par match.

En finale de l’est, les Alouettes reçoivent Ottawa, qui leur donne une forte opposition.  Les Oiseaux l’emportent quand même, 21-18.

Comme par hasard, la Coupe Grey doit être disputée à Montréal.  De l’autre côté, on retrouve de vieilles connaissances.  Pour la sixième fois (incluant les deux dernières présences en finale de 1974 et 1975), les Alouettes disputeront la Coupe aux Eskimos d’Edmonton.

Les Eskimos ont de leur côté remporté la division ouest, mais avec une fiche légèrement inférieure aux Alouettes, 10-6.  Ils ont aussi perdu leur seul duel face aux Alouettes, 25-20.

En finale de division, ils ont écrasé les Lions, 38-1.

Le jour du match, il n’y a pas que le football qui retient l’attention.  D’abord, il y a grève des transports en commun dans la métropole.  Et comme si ce n’était pas encore assez, il y avait eu une tempête de neige deux jours auparavant.  La situation complique évidemment les déplacements des spectateurs, d’autant plus que ceux-ci sont plus nombreux que jamais.  Au total, 68 318 personnes franchissent les tourniquets.  Il s’agit encore à ce jour de la foule la plus importante pour un match de la Coupe Grey.

Mais la neige complique également l’aspect football.  Pour faire fondre la neige, du sel avait été répandu sur la surface.  Suite à la baisse de la température, la neige fondue a regelé, ce qui a créé une fine couche de glace sur la surface synthétique du Stade Olympique, et la rend aussi glissante qu’une patinoire.
 

Les joueurs se demandent alors quoi utiliser pour se chausser.  Différentes solutions sont envisagées, incluant différents types de crampons, et même des souliers de ballon balai.  Plusieurs se sont finalement tournés vers des crampons d’acier.

C’est alors que Tony Proudfoot, le demi défensif des Alouettes, aperçoit une brocheuse industrielle et qu’une idée lui passe par la tête.  En envoyant des broches dans ses crampons, il peut améliorer de beaucoup sa traction sur la surface, autrement peu praticable.  Comme son test est concluant, il refile le tuyau à ses coéquipiers.  Plus le match avance et plus la solution de Proudfoot fait ses preuves, et plus de joueurs l’adoptent.

En première demie, alors qu'il y a plusieurs revirements, les seuls points marqués sont l’œuvre des botteurs.  Don Sweet réussit trois placements et un simple pour les Alouettes.  Dave Cutler en réussit un pour les Eskimos.  La marque est 10-3.

 
 
De retour au jeu, la différence est frappante.  Pendant que les Eskimos glissent, les Alouettes parviennent à exécuter leurs jeux.

Le joueur du match (pour une troisième fois), Sonny Wade (voir texte du 7 août 2013) réussit des passes de touchés à Peter Dalla Riva (voir texte du 26 octobre 2013), John O’Leary et Bob Geddis.  Don Sweet ajoute trois placements et un simple.  Son total de 23 points lui vaut un record et le titre de joueur canadien du match. 

Finalement, c’est un massacre.  Les Alouettes remportent la Coupe Grey, 41-7.

Par contre, l’année suivante, tout est en place pour une revanche, puisque les deux mêmes équipes s’affrontent, toujours au Stade Olympique.  Par contre, Marv Levy, qui est maintenant avec les Chiefs à Kansas City, ne dirige plus les Alouettes. 

Le résultat est toutefois bien différent.  Les Eskimos l’emportent 20-13, dans ce qui sera la première de cinq Coupes Grey consécutives.
 
Sources : Januska, Michael, Grey Cup Century, Dundurn, 2012, p.163-167,
 
« Proudfoot, Alouettes staples Esks on icy home turf » (cfl.ca/greycupcentral), wikipedia.org.

 

mardi 28 octobre 2014

Carl Voss


Bien que né aux États-Unis, Carl Voss déménagea au Canada avec sa famille à l’adolescence.  Il alla ensuite étudier à l’Université Queen’s, à Kingston, où il s’illustra avec ses équipes sportives, au hockey et au football.

En 1924, il aida les Golden Gaels à se mériter la Coupe Grey.  (À ce moment, les équipes universitaires pouvaient aspirer à la Coupe Grey.) 

En 1926, c’est sur la glace qu’il se mit en évidence, alors que Queen’s atteignit la finale de la Coupe Memorial.  (À ce moment, les équipes universitaires pouvaient également aspirer à la Coupe Memorial.)  Ce sont toutefois les Canadians de Calgary qui l’emportèrent.

Après un passage au niveau junior avec les Marlboros de Toronto, il fut embauché par Conn Smythe pour s’aligner avec les Maple Leafs.  Ce premier arrêt dans la Ligue nationale d’une longue série ne dura que 14 matchs sur trois ans.

Il passa ensuite trois saisons dans la Ligue internationale avec les Bisons de Buffalo, avec qui il gagna un championnat et un titre de meilleur pointeur.


C’est à partir de 1932-33 que sa tournée de la Ligue nationale commença pour de bon. 

Il partagea d’abord sa saison entre les Rangers et les Red Wings.  Toujours éligible, ça ne l’empêcha pas de devenir le premier récipiendaire du titre de recrue de l’année avec une fiche de 23 points en 48 matchs.  (Ce n’est que quatre ans plus tard que ce titre deviendra le Trophée Calder.)

En 1933-34, c’est entre Détroit et Ottawa qu’il partagea sa saison.

Comme les Senators déménagèrent ensuite à St-Louis, il passa la saison 1934-35 avec les Eagles.  Au sein d’une équipe très faible, ses 31 points firent de lui le meilleur pointeur de l’équipe, et comme l’équipe cessa ses activités à la fin de la saison, de toute leur histoire.

Devant se trouver une nouvelle équipe pour 1935-36, il se retrouva avec les Americans de New York.

Avant que ne débute la saison suivante, il fut échangé aux Maroons de Montréal, avec qui il passa la saison 1936-37.

En 1937-38, c’est entre les Maroons et les Black Hawks de Chicago qu’il partagea son temps.  Les Hawks allèrent jusqu’au bout, ce qui fit de Voss le deuxième joueur à s’être mérité autant la Coupe Grey que la Coupe Stanley, après Lionel "Big Train" Conacher.

C’est sur cette note que s’est terminée sa carrière de joueur, puisqu’au camp des Hawks en 1938, Voss subit une blessure qui l’obligea à prendre sa retraite.

Sa tournée du monde du hockey se poursuivit tout de même, mais sous d’autres formes.  Il devint d’abord le représentant de CCM assigné aux diverses équipes de hockey aux États-Unis.

Pendant cette même période, il arbitra des matchs dans plusieurs ligues, incluant la Ligue américaine.

Gravissant les échelons, il devint pendant un moment le président de la United States Hockey League (USHL), un circuit mineur, jusqu’à la fin de ses activités en 1951. 

Il devint alors entraîneur et directeur-gérant des Flyers de St-Louis de la Ligue américaine, tout en conservant son poste de consultant envers les arbitres.  (Je suppose que ce n’était pas des arbitres de sa ligue…)

C’est tout de même du côté de l’arbitrage que lui vint son poste suivant, lorsque la LNH lui offrit le poste d’arbitre en chef.  Il conserva ce poste pendant quinze ans, période pendant laquelle il améliora la qualité de l’arbitrage.  Il recruta de nouveaux effectifs dans les ligues mineures et fit passer le nombre d’officiels de 10 à 23.

Il fut intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1974, dans la catégorie des bâtisseurs.

Carl Voss est décédé en 1993, à l’âge de 86 ans. 
 
Sources :  legendsofhockey.net, wikipedia.org.

jeudi 9 octobre 2014

Gerry Dattilio


Après un passage dans la Ligue de Football Junior du Québec, c’est avec l’Université Northern Colorado que le lavallois Gerry Dattilio alla parfaire son apprentissage au poste de quart-arrière.
 
À son retour, il était considéré comme une exemption territoriale (une notion qui n’existe plus aujourd’hui) des Alouettes.  Par contre, il fut blessé et avant même de jouer un seul match dans leur uniforme, il fut réclamé par Toronto, avec qui il ne joua qu’une partie.
 
Les Alouettes refirent son acquisition en 1976, ce qui leur permit d’aligner un quart canadien, une rareté.  Par contre, il y avait Joe Barnes et Sonny Wade (voir texte du 7 août 2013) devant lui et il ne vit pas beaucoup d’action au cours de ses premières années.  Il fit tout de même partie de l’équipe gagnante de la Coupe Grey en 1977, alors qu’il fut utilisé comme receveur de passe.
 
 
En 1978, Barnes et Wade furent blessés, ce qui créa une opportunité pour Dattilio, qui amassa 1120 verges par la passe et 5 passes de touché.
 
Wade quitta à la fin de la saison, mais c’est Barnes qui vit le plus d’action en 1979.  Par contre, au cours de la saison 1980, il fut échangé à la Saskatchewan et Dattilio put enfin devenir quart numéro 1.  Il ne rata pas sa chance.  Il montra une fiche de 2892 verges par la passe et 19 passes de touché, en plus d’ajouter 324 verges et 2 touchés au sol.  Il fut de plus nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’est, le meilleur joueur canadien de la ligue, en plus d’être le finaliste de l’est pour le titre de meilleur joueur de la ligue.
 
La gloire fut par contre de courte durée pour Dattilio.  L’année suivante, les Alouettes offrirent un pont d’or à Vince Ferragamo, qui venait de mener les Rams de Los Angeles à la finale du Super Bowl.  Dattilio fut donc relégué au poste de numéro 2.
 
L’expérience s’avéra une catastrophe.  Incapable de s’ajuster aux formations à douze joueurs du football canadien, Ferragamo se mit à accumuler les interceptions à un rythme effarant.  C’est à ce moment que Dattilio reprit son poste de numéro 1 aux dépends de son dispendieux coéquipier.  Il se le fit par contre ravir par Ken Johnson, nouvellement acquis des Stampeders contre des considérations futures.  À la fin de la saison, les Alouettes montrèrent une fiche de 3-13 et Ferragamo retourna chez les Rams.  De son côté, Dattilio fut échangé aux Stampeders, puisque lui et le secondeur John Palazeti devinrent les considérations futures de l’échange de Ken Johnson.
 
C’est ce dernier qui eut comme tâche de relancer l’équipe en 1982, qui avait été renommée les Concordes suite à sa faillite, mais sans succès.
 
Une fois à Calgary, Dattilio connut une bonne saison comme quart numéro 1, avec 2788 verges et 11 touchés par la passe.  Toutefois, il accorda 22 interceptions.
 
 
Il passa une autre saison à Calgary, avant de revenir à Montréal comme quart numéro 2 en 1984 et 1985.
 
Ses 9952 verges par la passe en carrière le place au deuxième rang (derrière Russ Jackson, voir texte du 4 décembre 2012) parmi les quarts canadiens.
 
Il habite aujourd’hui à Calgary, où il est instructeur pour l’Alberta Motor Transport Association.  
 
En 2006, il fut honoré par la ville de Laval, qui donna son nom à un parc.
 
Sources :
“Its official : Als’ Dattilio traded to Stampeders”, CP, Ottawa Citizen, 8 décembre 1981, p.19,
 
“Laval pays tribute to Dattilio” de J. Meagher, Montreal Gazette, 28 septembre 2006 (canada.com),
 
linkedin, cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 18 septembre 2014

Wally Buono


Né en Italie, c’est en bas âge que Pasquale "Wally" Buono déménagea à Montréal avec sa famille.  Son père étant décédé alors que Wally n’avait que huit ans, il grandit dans des conditions plutôt difficiles. 
 
Après avoir été initié à ce sport par Al Phaneuf, qui jouera plus tard pour les Alouettes, un parcours dans le football mineur le mena à gagner sa place avec les Bengals d’Idaho State University.
 
À l’issu de son stage universitaire, il retourna dans sa ville.  Il fit partie de la classe de 1972, alors que plusieurs autres recrues comme Larry Smith (voir texte du 29 septembre 2013), Junior Ah You (voir texte du 29 janvier 2013), Dan Yochum, Dickie Harris, Don Sweet et Glen Weir, se sont joints aux Alouettes en même temps que lui.
 
Buono, un secondeur et un botteur de dégagement, n’a jamais été un joueur étoile, mais il faisait son travail honnêtement.  Il n’a d’ailleurs jamais raté un match en dix ans.
 
Même si les choses n’allaient pas si bien à son arrivée, la majorité de sa carrière s’est passée pendant une période heureuse pour les Alouettes.  Il a donc fait partie de l’équipe qui a remporté la Coupe Grey en 1974 et 1977, en plus de participer à la finale en 1975, 1978 et 1979.
 
Buono a aussi eu l’occasion de jouer sous les ordres de Marv Levy. 
 
En bon étudiant, Buono a appris beaucoup et plusieurs coéquipiers étaient convaincus qu’il y avait un entraîneur en lui.
 
Buono a joué jusqu’en 1981, année catastrophique pour les Alouettes.  (voir texte du 8 septembre 2012)
 
Il ne prit par contre pas de temps à revenir dans le giron de l’équipe.  En 1983, il fut nommé assistant entraîneur de l’équipe qui portait dorénavant le nom de « Concordes ».  Il avait entre autres comme collègue Jacques Dussault.
 
En 1987, il se joignit aux Stampeders de Calgary, dans les mêmes fonctions.  Et c’est en 1990 qu’il devint entraîneur-chef.  À ce moment, l’équipe n’était pas mauvaise, mais il demeure qu’elle n’avait pas remporté sa division, ni gagné la Coupe Grey, ni même atteint la finale depuis dix-neuf ans.  Buono ne prendra pas de temps à changer les choses.
 
Dès sa première année, les Stamps terminèrent premiers de la division ouest.  En fait, ils termineront premiers de leur section huit fois en onze ans, incluant cinq saisons consécutifs (de 1992 à 1996).  À partir de 1992, il devint également directeur-gérant.
 
En treize saisons, son équipe participa à six finales de la Coupe Grey.  De celles-ci, ils en remportèrent trois, incluant celle de 2001 au Stade Olympique, où Buono a longtemps joué.  En fait, les équipes de Buono remportèrent plus de Coupes que toutes les équipes des Stampeders avant son arrivée réunies (deux Coupes en quarante-six ans).
 
Reconnu pour sa capacité à travailler avec les quarts, il en eut sous ses ordres au fil des ans d’excellents, comme Doug Flutie, Jeff Garcia et Dave Dickenson.
 
Suite à la saison 2002, Buono eut un différend avec le nouveau propriétaire et décida de quitter, lui qui montrait une fiche globale de 153-79-2.
 
Il se retrouva alors sur les lignes de côté des Lions de la Colombie-Britannique, en plus de cumuler les fonctions de directeur-gérant.  Encore une fois, le succès fut au rendez-vous.  Les Lions terminèrent premiers de la division ouest quatre fois consécutives (de 2004 à 2007).  Sous sa gouverne, les Lions firent trois apparitions à la Coupe Grey et en gagnèrent deux (2006 contre les Alouettes et 2011).
 
C’est à ce moment qu’il décida de laisser sa place comme entraîneur pour se concentrer sur son poste de directeur-gérant, poste qu’il occupe toujours d’ailleurs.
 
À ce moment, sa fiche était de 254-139-3.  Il s’agit toujours du plus haut total de victoires pour un entraîneur dans l’histoire de la LCF.
 
En plus de ses sept Coupes Grey, Buono a remporté quatre fois le Trophée Annis-Stukus (voir texte du 18 juillet 2014), remis à l’entraîneur de l’année.
 
Wally Buono deviendra membre du Temple de la renommée du football canadien cette année.  Les cérémonies auront lieu à Montréal, là où tout a commencé, les 20 et 21 septembre.
 
Sources : "Wally Buono’s unbelievable journey to Canadian Football Hall of Fame" de Cam Cole, 23 novembre 2013, Vancouver Sun (vancouversun.com), cflapedia.com, wikipedia.org.