mercredi 2 septembre 2015

Bernie Faloney


Le stage universitaire de Bernie Faloney l’a mené à l’Université du Maryland.  Suite à une victoire à l’Orange Bowl en 1954, il termina quatrième au scrutin pour le Trophée Heisman.  Au repêchage de la NFL, il fut choisi en première ronde, onzième au total, par les 49ers de San Francisco.
 
Les Niners lui firent une offre de contrat de 9000$, mais lorsque les Eskimos d’Edmonton lui en offrirent 12 500$ (alors que le dollar canadien valait plus que le dollar américain), Faloney décida de se diriger au nord de la frontière.
 
Dès sa première saison, comme quart substitut derrière Jackie Parker (voir texte du 16 février 2013), il aida les Eskimos à remporter la Coupe Grey.  Ce premier triomphe d’Edmonton passera surtout à l’histoire en raison du touché décisif de ce même Parker en toute fin de match, sur un retour de revirement, aux dépends des Alouettes. Par contre, son passage en Alberta fut de courte durée, puisqu’il dut retourner aux États-Unis pour faire son service militaire.
 
 
À son retour, en 1957, il signa pour une équipe de l’est, les Tiger-Cats d’Hamilton.  À partir de ce moment, les Ticats devinrent dominants dans l’est.  L’équipe se rendit en finale huit fois en neuf ans, remportant la Coupe Grey en 1957, 1963 et en 1965.  De son côté, Faloney, joueur intelligent et déterminé, fut nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’est à quatre reprises.
 
Toutefois, une partie de ses exploits à Hamilton faillirent ne pas se réaliser.  Faloney a été impliqué malgré lui dans une controverse.  Après la saison 1960, Montréal créa une véritable onde de choc en échangeant ses deux grandes vedettes, Sam Etcheverry (voir texte du 2 juillet 2013) et Hal Patterson (voir texte du 23 décembre 2013) aux Tiger-Cats.  En retour, ces derniers offrir Don Paquette et Faloney.  Il y avait toutefois un hic.  Etcheverry avait une clause de non-échange, qu’il invoqua aussitôt pour faire annuler son contrat.  Il prit donc le chemin de St-Louis  pour s’aligner avec les Cardinals de la NFL.  De son côté, Faloney demeura à Hamilton.  (L’échange Paquette-Patterson eut tout de même lieu.)  
 
Pendant que Faloney continuait de briller dans la ville de l’acier (il fut nommé meilleur joueur de la ligue en 1961), les Alouettes se cherchèrent un quart pendant plusieurs années, tout en ayant des résultats médiocres.  En janvier 1965, Montréal se résolut à revenir à sa solution initiale.  Dans un échange à huit joueurs (ce qui était à l’époque le plus important de la ligue), les Alouettes (re)firent l’acquisition de Faloney.
 
L’équipe n’a pas amélioré sa fiche en 1965 (5-9 vs 6-8 en 1964), mais Faloney a tout de même obtenu 2253 verges par la passe, été choisi au sein de l’équipe d’étoiles de l’est, en plus de remporter le Trophée Jeff-Russel (voir texte du 11 août 2013), en tant que joueur ayant démontré le plus de courage et d’esprit sportif.  Il a par contre été intercepté à 29 reprises, contre seulement 8 passes de touché.
Bernie Faloney, avec le casque ailé des Alouettes de l'époque 
 
La saison 1966 a été beaucoup plus décevante pour Faloney.  Avec seulement 2 passes de touchés, mais 11 interceptions, Faloney finit par perdre son poste de partant au profit de George Bork.  Malgré une attaque anémique, la défensive a tout de même permis à l’équipe de jouer pour une fiche de ,500 (7-7) pour la seule fois des années 1960.  
 
Il ne restait ainsi qu’une saison au contrat de Faloney et ce dernier avait déjà annoncé qu’il s’agirait de son dernier.  Sa fin de saison en queue de poisson incita alors les Alouettes à se départir de lui.  Ils l’envoyèrent donc aux Lions de la Colombie-Britannique, qui devait remplacer Joe Kapp, parti aux États-Unis.  En retour, Montréal obtint Mike Webster. (voir texte du 14 novembre 2013) 
 
À moyen terme, Webster rendit de fiers services aux Alouettes.  Par contre, à court terme, Faloney eut en 1967, sa dernière saison, son total le plus élevé de verges par la passe, avec 3303.  À Montréal, Bork n’a même pas terminé la saison.  Il a été libéré en octobre et remplacé par Carroll Williams, dans une saison qui s’est avéré la pire de l’histoire des Alouettes (2-12).
 
Suite à sa retraite, Faloney est demeuré dans la région d’Hamilton.  Il s’est ensuite consacré à son entreprise de vente d’équipements lourds pour la construction, en plus d’élever des chevaux.
 
Il a été élu au Temple de la renommée du football canadien en 1974.
 
Bernie Faloney est décédé en 1999, à l’âge de 66 ans, des suites d’un cancer colorectal.
 
Sources :
 
Turbis, Pierre et Bruneau, Pierre, La grande histoire des Alouettes de Montréal, Éditions de l’Homme, 2007, p.175 à 195,
 
″Rifle’s Signing Has Faloney in Awkward Spot″, Canadian Press, 14 janvier 1961, The Ottawa Citizen, p.9,

″Als Finally Get Bernie Faloney″ de Bob Scott, 6 janvier 1965, Montreal Gazette, p.25,

″Faloney, Alouettes come to agreement?″, Canadian Press, 26 mai 1965, Regina Leader-Post, p.31,

″Trade Looms Closer, Faloney Agrees To Go″ de Bob Scott, 16 juin 1967, Montreal Gazette, p.27,

″Als Get Webster For Faloney″, 17 juin 1967, Montreal Gazette, p.29,

″Bork, Lisbon, Doss, Parson Dropped by Als″ de Bob Scott, 2 octobre 1967, Montreal Gazette, p.29,

″Faloney legacy: It’s Rags to Riches″ de Deborah Weisberg, 14 juillet 1999, Pittsburgh Post-Gazette, p.W-11,

cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 27 août 2015

Bronko Nagurski Sr. et Jr.


Bronko Nagurski est né en Ontario, de parents ukrainiens.  À l’âge de 5 ans, il déménagea tout juste l’autre côté de la frontière, au Minnesota.
 
Une fois à l’Université du Minnesota, il fut utilisé dans le champ arrière, malgré son physique imposant.  À 6’2’’ (1m 88) et 226 lbs (103 kg), il avait une charpente qui s’apparentait en ces années à celle d’un joueur de ligne.  (Il joua tout de même sur la ligne défensive.)  Il fut finalement désigné "All American" aux deux positions.
 
En 1927, il mena les Golden Gophers au championnat de leur conférence.
 
C’est 1930 qu’il fit ses débuts chez les pros, avec les Bears de Chicago.  Reconnu pour sa résistance à toute épreuve, il aida les Bears à remporter deux titres, en 1932 et 1933.  On dut alors lui commander la plus grosse bague de championnat à ce jour, une 19 1/2.
 
Nagurski s’aligna avec les Bears jusqu’en 1937, étant désigné au passage à quatre reprises au sein de l’équipe d’étoiles.  Il fit un bref retour en 1943, alors que plusieurs joueurs étaient partis combattre.  Ceci lui permit de mettre la main sur un troisième championnat.
 
Les salaires n’étant pas ce qu’ils sont aujourd’hui, Nagurski se trouva une deuxième occupation à partir de 1933, en devenant lutteur professionnel.  Il se mérita différents titres et parvint même à battre la légende de la lutte de l’époque, Lou Thesz, en 1939.
 
Il continua à lutter, même après sa retraite du football, jusqu’en 1960.  Il retourna ensuite dans son patelin pour opérer une station-service jusqu’en 1978.  Il est décédé en 1990, à l’âge de 81 ans.
 
Élu aux Temples de la renommée du football, autant collégial que professionnel, il a vu son numéro être retiré autant par les Golden Gophers que par les Bears.  Dans le cadre du 75e anniversaire de la NFL en 1994, Nagurski fut choisi au sein de l’équipe des meilleurs joueurs de tous les temps.
 
Bronko eut un fils, qu’il nomma Bronko Jr.  Si le père est né au Canada, mais a joué aux États-Unis, le fils emprunta le chemin inverse.  Junior est né au Minnesota, mais après un passage avec les Fightin’ Irish de l’Université Notre Dame, c’est au Canada qu’il alla jouer professionnellement.  Repêché par les 49ers de San Francisco en 1959, il préféra l’offre des Tiger-Cats d’Hamilton.
 
Joueur de ligne offensive, il se retrouva avec l’équipe dominante de cette période dans la division est de la LCF.  Il participa à six finales de la Coupe Grey, la remportant en 1963 et en 1965.
 
Sur une base individuelle, il fut choisi au sein de l’équipe d’étoiles en 1962 et 1965.
 
Suite à sa retraite du football en 1966, il alla travailler en ressources humaines dans l’industrie du papier pendant 35 ans.
 
Il mourut en 2011 à l’âge de 73 ans, des suites d’un lymphome non-hodgkinien.
 
Sources : cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 20 août 2015

Damon Allen


Pendant que son grand frère Marcus excellait avec les Raiders de Los Angeles, Damon Allen jouait au football et au baseball à California State University – Fullerton.  En 1984, il termina 16e au scrutin pour le Trophée Heisman.  Pourtant, ce n’est pas pour ses talents au football qu’il fut repêché, mais bien pour ceux au baseball.  Il fut un choix de 7e tour des Tigers de Détroit.  Malgré cela, c’est au football qu’il fit carrière.  Il signa en 1985 avec les Eskimos d’Edmonton, pour être le substitut du quart Matt Dunigan.
 
Lors de la finale de la Coupe Grey de 1987, Dunigan se blessa et Allen se retrouva donc aux commandes de l’attaque des Eskimos lors du match de la Coupe Grey.  Dans un match serré, Edmonton eut le dessus sur Toronto par la marque de 38-36.  Avec entre autres deux passes de touché et un autre qu’il a marqué lui-même, Allen fut désigné le joueur du match.
 
En 1989, les Rough Riders d’Ottawa le signèrent pour en faire leur quart partant.  Toutefois, Allen était encore en apprentissage et il se faisait intercepter souvent.  Par contre, il faut dire que l’équipe était mauvaise et qu’il n’était pas bien entouré.  Quart mobile, Allen devait donc souvent prendre les choses en main lui-même et il mit en valeur ses talents au sol.  D’ailleurs, en 1991, il accumula plus de 1000 verges par la course, en plus de marquer huit touchés.  Cette même année, il obtint tout de même 4275 verges par la passe.
 
Après un bref passage à Hamilton, Allen retourna à Edmonton en 1993.  Encore une fois, les Eskimos se rendirent en finale, remportèrent la Coupe Grey et Allen fut nommé joueur du match.
 
Allen fut alors tenté par un retour au baseball.  Il signa même un contrat avec les Pirates de Pittsburgh et se présenta au camp de 1994, mais il finit par changer d’avis et décida de poursuivre sa carrière au football. 
 
En 1995, il fit partie de la brève histoire des Mad Dogs de Memphis.  L’équipe n’était pas mauvaise (fiche de 9-9).  Par contre, elle eut de la difficulté à faire sa place dans son marché, où le football universitaire était roi et où les gens n’étaient pas familiers avec les règles canadiennes.  À la fin de la saison, les Mad Dogs, tout comme les autres équipes américaines de la LCF, furent rayés de la carte.
 
Allen dut alors revenir au nord de la frontière.  Il se trouva du boulot avec les Lions de la Colombie-Britannique.  Il y trouva finalement un peu de stabilité, en y demeurant pendant sept saisons et en surpassant à quelques reprises son sommet personnel en termes de verges par la passe.
 
Au cours de la saison 2000, il mit la main sur un record prestigieux, en surpassant la marque de 50 535 verges de Ron Lancaster (voir texte du 17 août 2013), jusque-là le quart ayant accumulé le plus de verges par la passe de l’histoire de la LCF.  Les partisans des Alouettes se souviendront aussi que cette même saison s’est terminée par  victoire des Lions aux dépens de Montréal à la Coupe Grey, dans un match qui s’est décidé à la toute fin.  La Colombie-Britannique l’a emporté 28-26.
Pour la saison 2003, les Lions décidèrent de se rajeunir au poste de quart en faisant l’acquisition de Dave Dickenson des Stampeders.  Allen, maintenant âgé de 39 ans, avait tout de même toujours suffisamment de valeur pour être échangé contre un choix de deuxième tour aux Argonauts de Toronto.
 
Comme un bon vin qui s’améliore en vieillissant, Allen montra que malgré son âge, il avait toujours de l’essence dans le réservoir. 
 
En 2004, il mena les Argos à la Coupe Grey et avec une passe de touché et deux autres au sol, il se mérita un troisième titre de joueur du match et ce, contre les Lions, son ancienne équipe.
 
En 2005, alors qu’il courait moins qu’auparavant, il surpassa son record personnel en accumulant 5082 verges par la passe.  Il fut choisi cette même année au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue et comme meilleur joueur de la ligue, à l’âge de 42 ans.  Étonnamment, il s’agit de la seule fois dans sa longue carrière qu’il se mérita ces honneurs.  (Il avait été nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’est en 1991 et celle de l’ouest en 1999.)
 
Lors de la Classique de la Fête du travail de 2006, contre les éternels rivaux des Argos, les Tiger-Cats d’Hamilton, Allen établit un nouveau record.  Il surpassa le total de 70 553 verges de Warren Moon (voir texte du 5 septembre 2012), pour devenir le quart arrière professionnel ayant accumulé le plus de verges par la passe.  (Le total de Moon a été accompli dans la LCF et dans la NFL, alors qu’Allen n’a joué que dans la LCF.)
 
Le temps finit par contre par rattraper Allen. Il subit des blessures, puis dut partager son temps de jeu avec d’autres.  La saison 2007 s’avéra finalement sa dernière, à l’âge vénérable (pour un joueur de football) de 44 ans.
 
 
Son total de 72 381 verges par la passe a depuis été surpassé par Anthony Calvillo.  Et signe de la grande mobilité qu’il a démontrée au cours de sa carrière, il montre un total de 11 920 verges au sol, le troisième plus élevé de l’histoire de la LCF, derrière Mike Pringle et George Reed.  (voir texte du 11 janvier 2013)
 
Demeurant toujours dans la région de Toronto, il a été élu au Temple de la renommée du football canadien en 2012.
 
Sources :
Willes, Ed, End Zones & Border Wars, Harbour Publishing, 2013, p.153 à 161,
 
cflapedia.com, wikipedia.org.

mercredi 12 août 2015

Dave Fennell


Natif d’Edmonton, Dave Fennell, un plaqueur se retrouva avec l’équipe de sa ville, les Eskimos, suite à son stage universitaire à North Dakota.  Dès sa première année, en 1974, les Eskimos se rendirent en finale, mais ils s’inclinèrent devant les Alouettes.  Il s’agissait du début de la rivalité qui opposa les deux équipes dans les années 1970, en plus d’être la suite de celle qui les avait opposées dans les années 1950.  (voir texte du 16 février 2013)  Mais ce n’était que partie remise et en 1975, les deux mêmes équipes se sont affrontées, avec des résultats différents cette fois.  Les Eskimos ont ainsi gagné leur première Coupe Grey depuis 1956.
 
C’est par contre à partir de 1977 que la que la défensive d’Edmonton s’est mise à tout bousculer sur son passage.  Jusqu’en 1982, elle s’est avéré la plus avare de la division ouest.  De 1979 à 1982, c’est elle qui a accordé le moins de points dans la ligue.  Fennell se mérita le surnom de ″Doctor Death″, au sein d’une défensive surnommé ″Alberta Crude″ (le pétrole brut de l’Alberta).  Fennell fit ainsi partie de l’équipe d’étoiles de la ligue pendant cinq années consécutives (de 1977 à 1981).
 
Les Eskimos retrouvèrent les Alouettes en finale de la Coupe Grey en 1977 au Stade Olympique, mais ces derniers furent plus rusés et les battirent lors du ″Ice Bowl″.  (voir texte du 14 novembre 2014)  Dans des conditions plus normales, Edmonton prit sa revanche en 1978 et en 1979, en route vers une séquence record de cinq Coupes Grey consécutives (de 1978 à 1982).  Dans ce périple, Fennell s’illustra amplement, en remportant le titre de joueur défensif du match de 1978, titre qu’il avait également remporté pour la saison.
 
 En 1979, Fennell fut désigné meilleur joueur canadien de la ligue, alors qu’en 1982, il reçut les titres de meilleur joueur canadien et de meilleur joueur défensif du match de la Coupe Grey.
 
Fennell prit sa retraite en 1983.  Au cours de sa carrière de dix ans, il remporta donc six Coupes Grey.  Fennell a été admis au Temple de la renommée du football canadien en 1990. 
 
Une fois ses crampons accrochés, Fennell était prêt car il avait préparé son après-carrière.  Alors qu’il s’alignait avec les Eskimos, il poursuivait ses études en droit à l’Université de l’Alberta.  Il gradua en 1979.
 
Il s’est par la suite impliqué dans le domaine minier en fondant Golden Star Resources, une société aurifère toujours transigée aux Bourses de Toronto et de New York.  Il a également occupé des postes importants au sein de Miramar Mining (aujourd’hui la propriété du géant australien Newmount Mining) en plus de siéger sur différents conseils d’administration.
 
Ses fils, également des sportifs, suivent ses traces.  John a participé aux Jeux de Sotchi en luge, alors que David Jr. joue au football à Michigan State.  
 
Sources : ″Olympics a family experience for John Fennell and his mom″ de Jefferson Hagen et Vicki Hall, 7 février 2014, Calgary Herald (canada.com), bloomberg.com, cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 6 août 2015

Frank Shaughnessy


Frank ″Shag″ Shaughnessy a pris tous les moyens pour pouvoir vivre du sport.  Pour y parvenir, il a occupé une multitude de postes dans plusieurs sports, souvent simultanément, et il n'a pas eu peur d'innover.

À partir de 1901, ce natif de l’Illinois joua au football et au baseball à l’Université Notre Dame.

En 1905, il accéda aux Ligues majeures de baseball en jouant un match avec les Senators de Washington.  Il eut ensuite une deuxième chance en 1908 avec les Athletics de Philadelphie, alors qu’il en joua huit autres.

L’année suivante, il entreprit une longue carrière de gérant dans les ligues mineures, où en plus de 25 ans, il remporta plus de 1000 matchs.  (Il a également été brièvement instructeur chez les Tigers de Détroit.)

Du côté du football, il œuvra comme entraîneur au sein de prestigieuses universités comme Yale, Cornell et Clemson.  C’est lui qui introduisit le jeu d’option.

En 1912, il vint prêt de s’entendre avec les Rough Riders d’Ottawa, ville d’où était originaire son épouse.  Par contre, l’Université McGill renchérit et il devint le premier entraîneur professionnel au football universitaire canadien.  À l’époque, ce mouvement fut accueilli froidement, au sein d’un sport qui était toujours amateur, non seulement au niveau universitaire, mais également au niveau des clubs.

Shaughnessy passa 17 saisons à la tête des Redmen, période pendant laquelle il introduisit plusieurs tactiques utilisées aux États-Unis, quitte à en irriter quelques-uns.  Il mit entre autre en place la défensive avec une ligne secondaire (plutôt que sur une seule ligne).  Il introduisit également la passe avant lors d’un match amical contre Syracuse, en 1921.  Il prit ensuite 10 ans de démarches pour convaincre les hautes instances d’adopter cette règle qui était déjà en place aux États-Unis depuis 1906.

Son équipe remporta la Coupe Yates (alors symbole due la suprématie du football universitaire canadien) en 1912 et 1913.  Shaughnessy refusa par contre que McGill joue pour la Coupe Grey (les équipes universitaires y étaient à ce moment éligibles).  Il craignait que cette compétition nuise aux examens de ses étudiants, sans compter qu’ils auraient dû affronter des joueurs plus vieux et expérimentés.  Cette prise de position lui fit d’ailleurs gagner des points parmi ses collègues qui n’aimaient pas l’idée que l’université embauche un entraîneur professionnel.  Il remporta une troisième Coupe Yates en 1919.

En 1915, alors que la ligue universitaire avait suspendu ses activités en raison de la guerre, Shaughnessy se retrouva entraîneur des Rough Riders d’Ottawa de l’IRFU (Interprovincial Rugby Football Union, future division est de la Ligue canadienne de football), équipe qu’il devait initialement diriger.  L’IRFU suspendit ensuite à son tour ses activités.  Lorsque tous reprirent leurs activités, Shaughnessy retourna à McGill.

Il fut également gérant des Senators d’Ottawa de la NHA (National Hockey Association, l’ancêtre de la Ligue nationale de hockey) de 1914 à 1916.
 
Il continua par la suite à être impliqué au niveau du hockey, à McGill cette fois, en dirigeant les Redmen version hockey de 1919 à 1927.  Il a également été entraîneur de l’équipe féminine pendant un moment.  Il alla ensuite diriger l’équipe de football de Loyola College, aussi à Montréal.

Par la suite, l’omniprésent Shaughnessy trouva un moyen de revenir à Montréal, par l’entremise du baseball cette fois.  Il fut entraîneur des Royaux de la Ligue international de 1934 à 1936.

En 1936, il devint président de cette même ligue, poste qu’il conserva jusqu’en 1960.  Toujours innovateur, il introduisit au cours de son règne un format de séries éliminatoires surnommé "Shaughnessy Playoffs".  Il s’agit en fait de ce qu’on retrouvait déjà dans la Ligue nationale de hockey (tournoi de fin de saison 1er vs 4e et 2e vs 3e, avec une finale entre les deux gagnants).  Sa contribution au baseball mineur a été soulignée en 1953, alors qu’il a été désigné "King of Baseball", un titre remis par la baseball mineur.

Depuis son décès en 1969, les équipes de football de l’Université McGill et Loyola College (aujourd’hui l’Université Concordia) se disputent annuellement la Coupe Shaughnessy.

Frank Shaughnessy est membre du Temple de la renommée du football canadien depuis 1963 et est devenu membre de celui du baseball canadien à titre posthume en 1983. 

Son fils Frank Jr. a  suivi ses traces en remportant entre autres une médaille de bronze avec l’équipe américaine de hockey, aux Jeux de Garmish-Partenkirshen, en 1936.  Il a également participé à l’organisation des Jeux de Montréal en 1976.

Sources : Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968, p.50 à 64,

″Shaughnessy clan full of rich history″ de Tim Burke, 15 juin 1982, p.B5, wikipedia.org.

jeudi 30 juillet 2015

Jack Gotta


Après être passé par l’université et l’armée, Jack Gotta se retrouva avec les Browns de Cleveland en 1956, mais il ne fit pas l’équipe.
 
L’année suivante, il eut une invitation des Stampeders de Calgary, avec plus de succès cette fois. 
 
En défensive, il jouait comme secondeur et comme maraudeur.  En offensive, il jouait comme receveur de passe.
 
En 1960, il signa avec les Roughriders de la Saskatchewan.  Il y demeura jusqu’en 1964, alors qu’il fut libéré au cours de la saison.  Il termina l’année avec les Alouettes, avant de prendre sa retraite comme joueur.
 
Il retourna ensuite en Saskatchewan l’année suivante, mais comme assistant-entraîneur cette fois.  En 1967, il prit le même poste, mais avec Ottawa cette fois.
 
En 1970, il eut sa première chance comme entraîneur-chef, mais dans un contexte particulièrement difficile.  Il dut prendre la place du légendaire Frank Clair (voir texte du 24 juillet 2013), qui venait de mener son équipe à la Coupe Grey.  Clair fut promu directeur-gérant pour remplacer Red O’Quinn (voir texte du 2 décembre 2013), parti à Montréal.  Et comme si ce n’était pas assez, les Riders perdirent également leur quart étoile Russ Jackson.  (voir texte du 4 décembre 2012)  Gotta vit donc passer les Riders de champions de la Coupe Grey à derniers de la division est.  Leur fiche passa de 11-3 à 4-10.
 
 
La direction des Riders se montra néanmoins patiente avec lui et la décision finit par payer.  Gotta se mérita le Trophée Annis-Stukus (remis au meilleur entraîneur, voir texte du 18 juillet 2014) en 1972 et en 1973.  Cette dernière année, Ottawa se mérita également la Coupe Grey.
 
En 1974, Gotta se laissa tenter par l’aventure de la World Football League (WFL), une nouvelle ligue qu’on tentait de démarrer aux États-Unis.  Il prit donc la tête des Americans de Birmingham.  Avec l’ex-Alouette George Mira au poste de quart, les Americans compilèrent une fiche de 15-5, en plus d’avoir le dessus sur les Blazers de la Florida au premier World Bowl.  Au moment de se rendre sur le terrain pour le match ultime, les joueurs savaient qu’il n’y avait plus d’argent pour les payer.
 
Le succès sur le terrain ne se transforma par contre pas par un succès financier et les Americans firent faillite.  Les salaires versés pour attirer des joueurs établis dans la nouvelle ligue finirent par être lourds à supporter.  La ligue, quoique très vacillante, revint pour une deuxième saison.  Un autre groupe opéra une équipe à Birmingham, cette fois nommé les Vulcans.  Gotta fit à nouveau partie de l’aventure, mais seulement à titre de directeur-gérant.  Il ne revint pas sur les lignes de côté.
 
Après un départ de 9-3, les Vulcans disparurent à leur tour, tout comme le reste de la ligue, qui ne termina même pas sa saison.
 
En 1977, malgré de l’intérêt de la part des Bears de Chicago, il retourna à Calgary, comme entraîneur et directeur-gérant.  En 1978, il remporta un troisième Trophée Annis-Stukus, alors que les Stamps redevinrent respectables avec une saison de 9-4-3.
 
Après la saison 1979, il laissa sa place sur les lignes de côté pour se concentrer sur son travail au deuxième étage.  Devant les résultats peu reluisants des Stamps, il reprit sa tâche d’entraîneur-chef en 1982 et 1983, au grand plaisir des journalistes.  En plus d’être sympathique et passionné, Gotta les faisait rire et leur donnait de bonnes histoires.  Par contre, les performances de l’équipe sur le terrain finirent par le rattraper.  Malgré une fiche de 8-8, Calgary rata les séries et Gotta fut congédié.
 
Après un bref passage comme analyste au réseau CTV, il eut la chance devenir entraîneur d’une autre équipe pour laquelle il avait déjà joué, la Saskatchewan.  Les résultats ne furent toutefois pas mieux et après deux saisons et une fiche cumulative de 11-22-1, il fut à nouveau congédié.
 
Il s’établit alors à Calgary.  Il est décédé en 2013, à l’âge de 83 ans.
 
Sources : ″Former CFL player, coach and GM Jack Gotta dies at 83″ d’Allan Maki, 29 juin 2013, The Globe and Mail (theglobeandmail.com), cflapedia.com, stampeders.com, wikipedia.com.

jeudi 23 juillet 2015

Gino Cappelletti


Parfois, la route est longue avant d’arriver à destination…  Et un peu d‘aide des circonstances peut être utile.
 
Gino Cappelletti jouait comme deuxième quart-arrière à l’Université du Minnesota, son état natal.  Ce n’est qu’en 1954 qu’il eut la chance d’être quart partant.  Il mena les Golden Gophers à une fiche de 7-2, mais ce ne fut pas suffisant.  Il a été ignoré au repêchage de la NFL.
 
Cappelletti se trouva finalement une place dans l’ORFU (Ontario Rugby Football Union, niveau senior) avec les Imperials de Sarnia.  L’année suivante, il se retrouva avec le Balmy Beach de Toronto, de la même ligue, mais il ne put terminer la saison.  Il dut rentrer aux États-Unis pour remplir ses obligations militaires.
 
Il put revenir au Canada en 1958, alors que les Blue Bombers de Winnipeg lui firent signe.  Il fut finalement échangé à la Saskatchewan, mais il ne joua pas plus de match.  Il fit finalement un retour au niveau senior, encore une fois avec Sarnia, alors que l’équipe, désormais appelée les Golden Bears, montra une fiche de 9-1 et remporta le titre de la ligue.
 
En 1960, on tentait de démarrer une nouvelle ligue aux États-Unis, l’American Football League et on cherchait des joueurs remplir les alignements de ses huit équipes.  Après un an d’inactivité, Cappelletti tenta sa chance avec les Patriots de Boston et c’est finalement à ce moment qu’il put pleinement se faire valoir.
 
Il utilisa sa grande versatilité pour se faire valoir.  (Au cours de sa carrière, il a joué comme quart, botteur de précision, retourneur et secondeur.)  Mais c’est surtout comme receveur de passes qu’il s’est mis en évidence.  En 1961, les Patriots firent l’acquisition de Babe Parrilli, un quart qui avait roulé sa bosse dans la NFL et la LCF.  Le déclic ne fit immédiatement avec Cappelletti et ils formèrent une combinaison surnommée "Grand Opera".
 
Cappelletti fut choisi au sein de l’équipe d’étoiles à cinq reprises et fut le meilleur pointeur de l’AFL à autant de reprises (1961 et de 1963 à 1966).  Il obtint également le meilleur pourcentage de réussite chez les botteurs de précision de l’AFL en 1965.  Il se mérita même le titre de joueur le plus utile de la ligue en 1964.
 
Il détient plusieurs records, incluant le plus de points de l’histoire de l’AFL (1130, dont 42 touchés et 170 placements).  Lors de la saison 1965 (pas très bonne pour les Patriots), il marqua plus de la moitié des points de son équipe.
 
Ses 155 points pendant la saison 1964 (en 14 matchs) constituèrent un record d’équipe chez les Patriots jusqu’en 2005, alors que sa marque fut battue par Adam Vinatieri.
 
Cappelletti a joué toutes les saisons de l’AFL (jusqu’en 1969) et a joué une saison supplémentaire (1970) après la fusion avec la NFL.  Par contre celle-ci semble plus ou moins reconnaître ses exploits dans l’AFL, puisqu’il n’est toujours pas membre du Temple de la renommée.
 
Il est ensuite demeuré dans l’entourage des Patriots, en travaillant à la radiodiffusion de leurs matchs.  Il a formé un duo avec Gil Santos pendant 28 ans, le plus long de l’histoire de la ligue.
 
Il a pris sa retraite des médias en 2012.
 
Sources: cflapedia.com, pro-football-reference.com, wikipedia.org.