dimanche 9 février 2014

Neil et Jesse Lumsden


Après une saison 1975 record de 146 points avec les Gee-Gee’s de l’Université d’Ottawa, et une saison parfaite (11-0) qui a culminé avec une victoire à la Coupe Vanier et un titre de joueur du match, Neil Lumsden fut choisi par les Argonauts de Toronto.
 
Utilisé comme demi offensif et centre arrière, mais aussi parfois comme botteur, Lumsden ne mit pas de temps à s’illustrer avec les Argos.  Il se mérita alors le titre de recrue de l’année dans la division est de la LCF.  Il fut ensuite échangé aux Tiger-Cats d’Hamilton au cours de la saison 1978, mais c’est à son arrivée avec Edmonton en 1980 qu’il eut vraiment l’opportunité de briller.  Les Eskimos venaient de remporter les deux dernières Coupes Grey et, maintenant pilotés par le quart Warren Moon (voir texte du 5 septembre 2012), ils ne semblaient pas prêts de s’arrêter.  
 
Lumsden fit ainsi partie des équipes championnes de 1980, 1981 et 1982.  Au total, les cinq Coupes consécutives des Eskimos constituent toujours un record.  En 1981, Lumsden fut nommé meilleur joueur canadien du match, suite à sa performance de 8 réceptions pour 91 verges.
 
Il joua ainsi avec les Eskimos jusqu’en 1985, avant de prendre sa retraite.
 
Lumsden revint dans la LCF en 1997, lorsqu’il fut nommé directeur-gérant des Tiger-Cats.  Il y sera jusqu’en 2000.  Cette période correspond d’ailleurs à une période heureuse pour l’équipe de la ville de l’acier (entre deux qui le sont beaucoup moins), lorsqu’elle se rendit en finale en 1998 et 1999, la remportant la deuxième fois.
 
Il fut également impliqué à haut niveau dans l’organisation des championnats mondiaux de cyclisme, tenus à Hamilton en 2003.
 
Son fils Jesse a probablement bien peu de souvenirs d’avoir vu son père jouer professionnellement, puisqu’il est né en 1982.  Par contre, ça ne l’a pas empêché de suivre ses traces.  Jouant également comme demi offensif, il prit par contre le chemin de l’Université McMaster, à Hamilton.
 
En 2004, il se mérita les Trophée Hec Crighton, remis au meilleur joueur universitaire au Canada.  Tout comme Mike Schad (voir texte du 1er octobre 2012) et Samuel Giguère, il fut invité au East-West Shrine Bowl, ce qui lui donna de la visibilité au sud de la frontière.  Cette rencontre, commanditée par les Schriners, a la particularité d’être ouverte autant aux Américains qu’aux Canadiens.  (Les règles utilisées sont toutefois celles des États-Unis.)  Tout comme dans le cas de Schad et de Giguère, ceci déboucha sur une opportunité au sein d’une équipe de la NFL.  C’est alors que, malgré qu’il ait été repêché sixième au total à l’encan de 2005 de la LCF par les Tiger-Cats, il décida de tenter sa chance avec les Seahawks de Seattle.  Lorsqu’il fut coupé, il reprit le chemin d’Hamilton et fit ses débuts comme professionnel.
 
 
En 2006, il retenta sa chance, avec les Redskins de Washington cette fois, mais avec les mêmes résultats.  Il se refit donc une place avec les Ticats. 
 
Comme sa saison 2007 ne fut pas écourtée par une présence à un camp de la NFL comme ce fut le cas au cours des deux années précédentes, il eut l’occasion de jouer plus et d’amasser plus de verges.  Il en accumula 743 au sol et 348 par la passe, étant choisi sur l’équipe d’étoiles de l’est, dans une saison au cours de laquelle il fut quand même blessé.
 
Dans ce qui devenait de plus en plus une tendance, sa saison 2008 fut affectée par des blessures. 
 
Devenu agent libre, Jesse suivit à nouveau les traces de son père, en signant avec les Eskimos.  Par contre, dès son premier match, il subit une blessure qui mit fin à sa campagne.  Libéré à la fin de la saison, il n’a donc joué qu’un seul match dans l’uniforme jaune et vert. 
 
En 2010, il passa du temps avec les Stampeders de Calgary, où il fut de nouveau blessé.  Mais entre temps, il avait ajouté une corde à son arc.  Il était devenu membre de l’équipe canadienne de bobsleigh de Pierre Lueders, médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Nagano en 1998 et d’argent à ceux de Turin en 2006.  Lumsden participa aux Jeux de Vancouver (les dernières compétitions de Lueders), où son équipe termina cinquième, autant dans la compétition à deux que dans celle à quatre.
 
Se consacrant maintenant exclusivement au bobsleigh, il fait équipe avec le pilote Lyndon Rush.   La paire remporta d’ailleurs en 2012 une épreuve de la Coupe du Monde et termina deuxième aux championnats du monde en 2012.
 
 
Encore ici, son parcours a des similitudes celui de Samuel Giguère, qui comme lui, a tenté sa chance au bobsleigh.  Toutefois, seulement Lumsden a obtenu son billet pour Sotchi.  On lui souhaite la meilleure des chances et que contrairement à sa carrière de football, le sort lui soit favorable.
 
Sources :  cflapedia.com, jesselumsden.ca, olympique.ca, wikipedia.org.

vendredi 10 janvier 2014

John Carlos

Originaire d’Harlem, mais de descendance cubaine, John Carlos obtint une bourse d’athlétisme de l’Université East Texas State.  Ayant aidé cette université à se distinguer, il attira l’attention et passa en 1967 à San Jose State où il fut entraîné par celui qui deviendra l’entraîneur national américain, Bud Winter.
 
Il se mérita d’abord la médaille d’or au 200m des Jeux PanAm de Winnipeg en 1967.  Puis vint les qualifications pour les Jeux Olympiques de Mexico, en 1968.  Il surprit alors en battant le record du monde au 200m de son coéquipier à San Jose State, Tommie Smith.  Le record ne fut par contre jamais homologué pour une question de crampons.
 
Smith et Carlos furent ensuite parmi les fondateurs du mouvement « Projet olympique pour les droits de l’homme ».  En pleine période du Mouvement des droits civiques, ils appelèrent au boycott.  Ils voulaient entre autres dénoncer la présence des régimes ségrégationnistes d’Afrique du Sud et de Rhodésie, en plus de réclamer plus d’entraîneurs noirs au sein la délégation américaine, la démission du président du CIO, l’américain Avery Brundage et le retour du titre de champion du monde à Muhamed Ali.  Lorsqu’après diverses tractations et négociations avec les pays concernés, le CIO retira les invitations à l’Afrique du Sud et à la Rhodésie, Smith et Carlos décidèrent de participer.
 
À Mexico, Smith gagna l’or et Carlos, le bronze.  Lors de la cérémonie de remise des médailles, ils décidèrent de baisser la tête et de lever leur poing ganté, en signe du Black Power.  Ils ne portaient également pas de souliers, pour symboliser la pauvreté qui sévissait chez les afro-américains.  Quant au médaillé d’argent, l’australien Peter Norman, il porta en soutien un écusson du Projet olympique des droits de l’homme.  Brundage n’apprécia pas la démonstration.  Il fit suspendre Smith et Carlos de l’équipe américaine et les expulsa du village olympique.

Carlos retourna ensuite à San Jose State, où il contribua à les mener à leur premier titre national de la NCAA en 1969.
 
Dans la foulée de Bob Hayes, un sprinter qui réussit sa conversion en footballeur en connaissant une belle carrière avec les Cowboys de Dallas, Carlos fut repêché par les Eagles de Philadelphie.  Ils en firent leur choix de 15e ronde en 1970.  Par contre, il subit une blessure et ne joua jamais avec eux.
 
En 1971, les Alouettes lui accordèrent un essai.  Il s’amena alors au cinquième match de la saison au sein d’une équipe soudée par la victoire surprise à la Coupe Grey, l’année précédente.  De son côté, il n’avait pratiquement jamais joué au football et, de son propre aveu, il avait des problèmes d’argent.  C’était une période où l’athlétisme ne rendait vraiment pas millionnaire…
 
J.I. Albrecht (le directeur-gérant des Alouettes) utilisa alors la mauvaise formulation de la définition de « non import » (joueur canadien en version française) pour faire désigner Carlos ainsi.  Comme Carlos n’avait jamais joué un match aux États-Unis (il avait participé au camp des Eagles, mais sans jouer de match), il n’était pas un « import ».   Il devint donc un « non import », même s’il était citoyen américain…
 
Ce n’est par contre qu’une des raisons pour laquelle il reçut plus que sa part d’attention médiatique, sa notoriété étant grandement établie.  En plus, il était habitué à un sport individuel et n’hésita pas à faire son autopromotion en réclamant le ballon plus souvent.  Par contre, il y avait un problème.  Il demeurait un novice en termes de football.  Il avait beau être très rapide, il avait de la difficulté à attraper un ballon et à suivre un tracé.  Sa présence fut une distraction et souleva la grogne chez ses coéquipiers.
 
Ce fut l’un des problèmes des Alouettes, qui passèrent de champions de la Coupe Grey à une équipe qui rata les séries.  Au total, Carlos joua 9 matchs et capta 5 passes pour 44 verges.  Il obtint également 117 verges sur les retours de botté.
 
En 1972, Carlos tenta sa chance du côté des Argonauts, qui le libérèrent pendant le camp d’entraînement.
 
Il travailla par la suite pour le fabricant d’équipements sportifs Puma, pour le Comité olympique américain, pour le Comité organisateur des Jeux de Los Angeles en 1984 et en tant qu’entraîneur. 
 
En 2003, il fut élu au Temple de la Renommée des États-Unis de l’athlétisme.  En 2005, une statue montrant la scène de la remise des médailles à Mexico fut dévoilée sur le campus de San Jose State.  En 2011, Carlos prit la parole lors de « Occupy Wall Street. »
 
Sources : 
 
Lemay, Daniel, Montréal Football : un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.165-166, 170,
 
« John Carlos :  J’ai des problèmes d’argent et je réussirai avec les Alouettes » de Maurice Brodeur, semaine du 22 juillet 1971, La Patrie, p.55, 
« Alouette-to-be Carlos wouldn’t play anywhere but here » de Doug Gilbert, 14 août 1971, Montreal Gazette, p.13,
« His teammates blaming Carlos as disruptive influence » de Ted Blackman, 11 octobre 1971, Montreal Gazette, p.15,
« Fairholm hopes meeting will make Alouettes jell » de Ted Blackman, 13 octobre 1971, Montreal Gazette, p.13, cflapedia.com, wikipedia.org.

dimanche 5 janvier 2014

Virgil Wagner


Après avoir été repêché par les Lions de Détroit et de retour de la guerre, Virgil Wagner se présenta à Montréal en 1946, pour la saison initiale des Alouettes. Il s’installa alors dans leur champ arrière.  Il ne mit pas de temps à s’illustrer au sein d’une équipe qui partait de loin, allant même jusqu’à se mériter le titre de meilleur pointeur de la ligue, à égalité avec la légende des Argonauts, Joe Krol.  À cette époque, peu de statistiques étaient compilées, mais les points comptés en était une.  Cette année-là, Wagner compta 65 points, alors que les touchés valaient à ce moment cinq points.
 
L’année suivante, non seulement il gagna le championnat des pointeurs (seul cette fois), mais il se mérita aussi le Trophée Jeff-Russel, remis à ce moment au meilleur joueur du Big Four (ce qui est aujourd’hui la division est de la LCF).
 
Il remporta à nouveau le championnat des pointeurs en 1948 et en 1949 et demeure encore aujourd’hui le seul joueur à se mériter ce titre quatre années de suite.  Il fut évidemment choisi sur l’équipe d’étoiles lors de ces quatre années.
 
L’année fut également marquée par la première présence des Alouettes à la finale de la Coupe Grey.  Aidé par les deux touchés de Wagner et la présence du quart Frank Filchock, les Zoiseaux se méritèrent un premier titre, 28-15, face aux  Stampeders.
 
Wagner demeura ensuite avec l’équipe, qui connut une période plus creuse au début des années 1950.  Par contre, l’arrivée de Sam Etcheverry, Red O’Quinn et Hal Patterson permit à l’équipe de non seulement rebondir, mais de devenir une puissance.  En 1954, les Alouettes se rendirent à la finale de la Coupe Grey contre les Eskimos.  Faisant figure de favori, Montréal dut s’incliner sur un jeu controversé.  Chuck Hunsinger commit un revirement que Jackie Parker (voir texte du 16 février 2013)( retourna sur 90 verges.  C’est ainsi que se termina la carrière de joueur Wagner, puisqu’il prit sa retraite.  À ce moment, ses 79 touchés représentaient un record de la ligue.
 
Il alla par la suite travailler pour le gouvernement américain.
 
Le 10 octobre 1955, les Alouettes retirèrent son numéro 78 en même temps que le 56 de son coéquipier Herb Trawick (voir texte du 19 décembre 2012), un autre membre de l’édition originale des Alouettes.  Par contre, ce fait est tombé dans l’oubli lors de la dissolution de l’équipe en 1987.  Lorsque le club revint en 1996, on passa outre à la référence au retrait du numéro de Wagner.  Ce n’est qu’en 2012, que l’omission fut corrigée, suite à des démarches entreprises par sa famille auprès de l’équipe.  On peut maintenant voir la référence au 78 de Wagner au Stade Percival-Molson.  (Maintenant, si seulement les Canadiens pouvaient corriger le même oubli qui a été fait pour le 4 d’Aurèle Joliat…)  Décédé en 1997, il n’a toutefois pas pu en être témoin lui-même.
 
Il a par contre pu être de son vivant témoin de son intronisation au Temple de la Renommée du Football Canadien, en 1980.
 
Sources: “Playing the Field: A Day for Virg and Herb” de Dink Carroll, 11 0ctobre 1955, Montreal Gazette, p.22, “Wagner elected to Hall” 14 juin 1980, Canadian Press, Montreal Gazette, p.88, “Calvillo et Whitaker en osmose” d’Olivier Arbour-Masse, 6 juillet 2012, (radio-canada.ca), cfhof.ca, cflapedia.com, thecanadianencyclopedia.com.

lundi 30 décembre 2013

Larry Pfohl


Après un stage universitaire partagé entre Penn State et Miami, Larry Pfohl se présenta à Montréal en 1979.  Après avoir été éjecté du programme de Miami suite à une dispute avec son entraîneur, il obtint un essai avec les Alouettes.  Il fit l’équipe comme joueur de ligne offensive, mais prit un certain temps à faire sa place.  Au cours de la saison, il ne joua que deux matchs : le premier, ainsi que celui de la Coupe Grey (perdue aux mains des Eskimos).
En 1980, l’absence de Dan Yochum, un joueur étoile, lui donna l’opportunité de jouer plus souvent (onze matchs).
La saison 1981 fut horrible à plusieurs points de vue.  Les ambitieux plans de Nelson Skalbania (voir texte du 8 septembre 2012) se révélèrent catastrophiques et l’équipe fit faillite.  De son côté, Pfohl vit peu d’action, étant limité à deux matchs.
Lorsque Charles Bronfman (à ce moment propriétaire des Expos) accepta de récupérer les restes des Alouettes et de redémarrer sous le nom de « Concordes », il fut entendu que deux éléments seraient exclus : l’imposant contrat du décevant quart Vince Ferragamo et celui de Pfohl, qui était en dispute salariale.  C’est ainsi que se termina sa carrière dans la LCF.
Il se tourna alors vers les Packers de Green Bay, mais il joua de malchance.  Il fut sur la liste des blessés pour toute la saison 1982 et fut libéré pendant le camp d’entraînement en 1983.  Il n’a donc joué aucun match régulier dans leur uniforme.  La saison suivante, il se retrouva dans la USFL, où il joua avec les Showboats de Memphis, les Bulls de Jacksonville et les Bandits de Tampa Bay.  Il se tourna ensuite vers la lutte.
Il débuta d’abord en Floride et prit immédiatement le nom de « Lex Luger ».  Son physique bien développé et découpé fut pour lui un atout important dans sa carrière, même s’il n’était pas entièrement naturel.  Il recevait l’apport de stéroïdes, qu’il consommait déjà lors de sa carrière de footballeur.
Il a ensuite lutté dans la WCW et la WWE.  Il a d’abord été du coté des « méchants », mais aussi été du côté des « bons ».  Il gagna également quelques titres de champion, tout en ayant un mode de vie pas très sain, comme ce fut le cas de plusieurs du milieu de la lutte de ces années.  Alcool, stéroïdes, anti-douleurs et autres drogues, combinés à un agenda de lutteur très chargé constituaient son quotidien.  De son propre aveu, il est venu près d’une surdose à des douzaines de reprises.
Il eut ensuite une relation plutôt houleuse, parsemée de violence, avec Elizabeth Hulette, l’ex Miss Elizabeth de Randy « Macho Man » Savage (et son ex-conjointe dans la vie).  En mai 2003, celle-ci fut retrouvée morte dans leur foyer, des suites d’une consommation d’un cocktail fatal de médicaments, de stéroïdes et de vodka.  Une quantité impressionnante de drogues et de stéroïdes fut alors retrouvée sur place.  Luger / Pfohl ne fut alors pas tenu responsable de la mort d’Elizabeth, mais fut arrêté en raison du contenu de sa pharmacie.  Il en reçut une amende et une peine de probation en 2005.
Lorsqu’il brisa sa probation en 2006, il fit un bref séjour en prison.  Il fit alors des efforts pour reprendre sa vie en main et devint « born again christian ».
En 2007, il eut des problèmes avec ses nerfs au niveau du cou qui le laissèrent paralysé pendant un moment.  Il s’en remit, mais pas complètement, ayant toujours besoin d’une canne.
 Il habite aujourd’hui dans la région d’Atlanta et tente de partager son expérience avec les autres pour les sensibiliser à ces problèmes.
Sources : ‘It’s over!” de Arnie Tiefenbach, 15 mai 1982, Regina Leader-Post, page B-16, “Pfohl still a hit with Packers” de Mike Christopulos, 4 août 1982, The Milwaukee Sentinel, page 4, “Lex Luger’s confessions of a drug abuse survivor” de Mike Fish, 13 septembre 2007 (sports.espn.go.com), cflapedia.com, wikipedia.org.

lundi 23 décembre 2013

Hal Patterson


Repêché par les Eagles de Philadelphie en 1954, Hal Patterson préféra l’offre des Alouettes.  Il faut dire que pendant cette période, la compétition était forte entre les deux côtés de la frontière pour attirer les meilleurs joueurs.  Se battant pratiquement à armes égales, il arrivait que la meilleure offre vienne du nord.  De plus, en tant que receveur de passes, Patterson jugeait que le jeu plus ouvert et le grand terrain du côté canadien lui conviendraient mieux.
 
 
Le moment ne pouvait pas être plus à point.  Déjà appuyé par Red O’Quinn, Sam Etcheverry se servit amplement de son bras canon pour alimenter le rapide Patterson.  Les Alouettes dominèrent alors le Big Four (ce qui est aujourd’hui la division est de la LCF) au cours des trois premières saisons de Patterson (1954, 1955 et 1956) et se rendirent à la finale de la Coupe Grey.  Par contre, en ces trois occasions, ils rencontrèrent les Eskimos sur le chemin.  Les Zoiseaux perdirent le premier match sur un jeu controversé (voir texte du 16 février 2013) et les deux suivants de façon moins serrée.
 
Sur le plan individuel, Patterson attira amplement l’attention.  En 1956, il fut le premier pointeur du Big Four (exploit qu’il répétera en 1957) et il se mérita le Trophée Schenley du meilleur joueur au Canada.  Au cours de cette saison, il réalisa des performances tout à fait mémorables.  Le 22 septembre, il réalisa un touché de 109 verges, une marque depuis égalée, mais qui pourrait difficilement être battue. 

La semaine suivante, le 29, il accumula des gains par la passe pour pas moins de 338 verges, une marque qui tient toujours et qui surpasse son équivalent dans la NFL.  Il battit aussi le record de la ligue pour les verges par la passe en une saison (1914), une marque qui tiendra jusqu’en 1983, même si Patterson accomplit son exploit dans une saison qui comptait seulement 14 matchs.  Son grand total de 2858 verges constitua un autre record, qui tiendra celui-là jusqu’en 1984.  Comme il jouait également en défense, il réalisa 5 interceptions.
 
Patterson n’était pas seulement apprécié pour ses exploits.  Sa grâce et sa classe lui valurent comme surnom « le Prince ».  Alors qu’il était célibataire, il avait jugé qu’il n’avait pas besoin d’une augmentation de salaire et demanda qu’on l’offre plutôt aux joueurs canadiens, qu’il jugeait sous-payés.
 
Le 9 novembre 1960, le monde du football montréalais fut fortement secoué par une nouvelle.  Une nouvelle administration prenait place chez les Alouettes et décida de donner un grand coup de barre.  On annonça que le formidable duo Etcheverry – Patterson prenait le chemin de Hamilton.  Suite à un cafouillage administratif (voir texte du 2 juillet 2013), Etcheverry se retrouva finalement avec les Cardinals de St.Louis de la NFL, mais Patterson prit quant à lui le chemin de la ville de l’acier, contre Don Paquette.
 
Les Alouettes prirent des années à se remettre de ce fiasco, qui fut total.  Paquette eut très peu d’impact lors de ses deux passages à Montréal (de 1961 à 1963 et en 1965) et comme si ce n’était pas assez, il fut plus tard condamné pour homicide involontaire, lorsqu’un homme avec qui il s’était battu mourut. 
 
De son côté, Patterson se joignit à une équipe déjà forte à Hamilton.  Malgré que ses dernières années à Montréal furent marquées par des blessures, il y montra alors qu’il était toujours au sommet de sa forme, en faisant partie de l’équipe d’étoiles de la ligue en 1962, 1963 et 1964.  Mais surtout, il put enfin mettre la main sur la Coupe Grey.  En sept saisons à Hamilton, les Ticats atteignirent la finale à six reprises, remportant les grands honneurs en 1963, 1965 et 1967.
 
Il prit sa retraite suite à la victoire à la Coupe Grey en 1967.  Il a par la suite été élu membre du Temple de le Renommée du Football Canadien en 1971.  Les Alouettes ont retiré son numéro 75 en 2008.  Le Prince est décédé en 2011, à l’âge de 79 ans.
 
Sources :

Lemay, Daniel, Montréal Football : un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.86-87,
 
« Hal Patterson 1932-2011 : le Prince Hal est mort » de Daniel Lemay, 22 novembre 2011, La Presse (cyberpresse.ca), « Murder warrant out for ex-Al Paquette » Canadian Press, 4 septembre 1972, Montreal Gazette, p.22, cflapedia.com, wikipedia.org.

mardi 17 décembre 2013

Gerry James


En 1952, alors qu’il n’avait pas encore 18 ans et qu’il venait de terminer son secondaire, Gerry James devint le deuxième plus jeune joueur à faire sa place au football canadien.  (Le plus jeune fut Tommy Manastersky, voir texte du 16 octobre 2012.)  Il se joignit alors aux Blue Bombers de Winnipeg, suivant ainsi les traces de son père Eddie, qui joua pour les Bombers dans les années 1930.
 
 
Au début, il fut principalement utilisé sur les unités spéciales, mais son utilisation augmenta avec les années.  En 1954, ses 576 verges accumulées au sol, additionnées aux 138 par la passe et aux 483 sur des retours de botté lui valurent de recevoir le premier Trophée Schenley remis au meilleur joueur canadien de la ligue.
 
Cette saison compta aussi d’autres premières.  James avait continué à jouer au hockey.  Une fois la saison de football terminée, il s’alignait avec les Marlboros de Toronto.  Au cours de la saison 1954-55, il joua son premier match dans la LNH lorsqu’il fut rappelé par les Maple Leafs pour un match à Montréal.  De retour avec les Marlboros, il fit partie de l’équipe championne de la Coupe Memorial.
 
De retour avec les Bombers en 1955, il se surpassa avec 1205 verges au sol et une nomination au sein l’équipe d’étoiles de l’Ouest.  Une fois sa saison terminée, il se joignit sur une base régulière aux Leafs, pour une fois campagne néanmoins amputée et limitée à 46 matchs.

Il dut renoncer à sa saison 1956 de football en raison d’une blessure, mais il revint en force en 1957, avec un total de 1661 verges et 19 touchés, un de moins que le record à ce moment.  Par contre, ses 18 touchés au sol constituaient quant à eux un record, qui ne fut égalisé qu’en 1981, avant d’être battu par Mike Pringle en 2000.  Sa performance lui valut une autre nomination au sein de l’équipe d’étoiles et un autre Schenley pour le meilleur joueur canadien.  Les Bombers se rendirent à la finale de la Coupe Grey, mais perdirent contre Hamilton 32-7, dans un match d’après-midi.  Comme le match était disputé à Toronto, il put ensuite se rendre au Gardens pour jouer son premier match de l’année avec les Leafs.  James termina sa journée avec une victoire et une défaite, puisque Toronto battit Boston, 3-2.

James remporta sa première Coupe Grey en 1958, mais une blessure de football lui fit rater sa saison de hockey au complet.  Après une autre Coupe Grey en 1959 (il en ajoutera deux autres, en 1961 et en 1962), il devait prendre un peu de répit.  Par contre, les Leafs eurent encore besoin de lui et il reprit le collier.  Et comme ils se rendirent jusqu’en finale, James devint le seul à participer aux finales de la Coupe Grey et de la Coupe Stanley la même année.  (L’unique Lionel Conacher a réalisé cet exploit, mais durant des années différentes.)  Toronto perdit toutefois la finale contre les Canadiens, qui gagnèrent ainsi leur cinquième Coupe consécutive.
 
C’est de cette façon que se termina la carrière de James dans la Ligue Nationale.  Il alla par contre ensuite jouer un peu en Suisse, avant de jouer au niveau senior.
 
Pour ce qui est du football, il demeura avec les Bombers jusqu’en 1962, où il joua de moins en moins dans le champ arrière et de plus en plus comme botteur.  (Ce n’est que plus tard qu’être botteur devint une spécialité.)  Il fut ensuite libéré par l’entraîneur Bud Grant, chose qu’il n’a pas vraiment appréciée.
 
Il revint en 1964 avec les Roughriders de la Saskatchewan, une autre équipe avec qui son père avait jouée. 
 
Il fut par la suite entraîneur de hockey au niveau junior A en Saskatchewan.   Il fut aussi derrière le banc des Warriors de Moose Jaw de la WHL en 1988-89.
 
En 1981, il alla rejoindre son père au Temple de la Renommée du Football Canadien.
 
Sources : “Gerry James did it all in storied sports career” de Jim Bender, 21 octobre 2011, Winnipeg Sun (winnipegsun.com), cflapedia.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

jeudi 12 décembre 2013

Kaye Vaughan


Originaire du Kansas, Kaye Vaughan fut repêché en 1953 par les Colts de Baltimore en 12e ronde.  Il se dirigea toutefois plutôt vers Ottawa, avec les Rough Riders.

 
Joueur de ligne, il jouait des deux côtés, ce qui était assez courant à l’époque.  Il fut nommé à six reprises sur l’équipe d’étoiles de l’est en offensive et quatre fois pour son travail défensif.  (À noter qu’à cette époque, il n’y avait pas d’équipe d’étoiles pour la ligue, chose qui ne viendra qu’à partir de 1962.  Il y en avait seulement une pour chacune des deux divisions.)  Il fut aussi nommé meilleur joueur de ligne de la ligue à deux reprises : en 1956 et en 1957.

 
Il demeura à Ottawa pendant douze saisons, au cours desquels il ne marqua des points qu’une seule fois.  Il sut toutefois choisir son occasion, puisqu’il recouvrit un échappé pour ensuite marquer un touché au cours du quatrième quart de la Coupe Grey de 1960.  Le match se termina par une victoire des Riders, 16-6.
Il prit sa retraite en 1964, mais tenta un retour en 1966 avec les Alouettes.  S’étant blessé après deux matchs, il se retira alors définitivement.
Reconnu comme un gentleman, il forma au cours de sa carrière un couple tout étoile du monde du sport, en épousant la skieuse québécoise Lucille Wheeler.  Cette dernière est la gagnante d’une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Cortina d’Ampezzo en 1956 et championne du monde en descente et en slalom géant de 1958, année où elle s’est également méritée le Trophée Lou-Marsh.  Le ski est dans la famille Wheeler depuis un moment, puisque c'est son grand-père qui avait construit le Centre Gray Rocks de Mont-Tremblant, en 1905.
Le couple, qui a eu deux enfants, habite toujours dans les Cantons de l’Est.
Sources : cflapedia.com, wikipedia.org.