jeudi 22 octobre 2015

Cookie Gilchrist


Chester "Cookie" Gilchrist n’est pas passé par l’université, ce qui n’est pas si courant pour un joueur américain.  Après l’école secondaire, il fut recruté par Paul Brown, l’entraîneur des Browns de Cleveland.  Lorsqu’il fut statué que le contrat contrevenait aux règles, Gilchrist décida d’aller jouer au nord de la frontière, au niveau senior.  Il passa donc la saison 1954 avec les Imperials de Sarnia et la saison 1955 avec les Dutchmen de Kitchener-Waterloo.  Dans les deux cas, il se mérita le titre de joueur le plus utile de son équipe, en plus de mener les Dutchmen au championnat en 1955.
 
Ses performances parvinrent à attirer l’attention des Tiger-Cats d’Hamilton de la LCF et il ne déçut pas.  Dans le champ arrière, il avait un style particulièrement robuste, où il n’hésitait à se créer lui-même son propre chemin.  Dès sa saison recrue, il fut nommé au sein de l’équipe d’étoiles, chose qui deviendra chez lui une véritable tradition.  Bien que principalement identifié comme champ arrière, il jouait aussi en défense (ce qui était commun à l’époque).  Il excellait également comme secondeur, en plus de retourner des bottés et d’être par moment botteur de précision. 
 
Sa polyvalence ne se limitait pas au terrain, puisqu’à l’extérieur, il démarra plusieurs entreprises.  Il ouvrit entre autres le premier restaurant d’Hamilton avec un service à l’auto.
 
 À sa deuxième saison, il aida les Ticats à remporter la Coupe Grey.  Au cours de la saison, il accumula 958 verges au sol, en plus d’en ajouter 82 par la passe et 105 sur des retours de botté.
 
Suite à une dispute salariale, il passa ensuite aux Roughriders de la Saskatchewan, avec qui il accumula 1254 verges, mais où il ne passa que la saison.1958.  Réputé pour avoir une personnalité difficile, il fut échangé aux Argonauts de Toronto, avec qui il passa trois autres saisons.  En 1960, il fut finaliste de la division est au titre de meilleur joueur de la ligue.
 
En 1962, l’American Football League avait complété deux saisons entières.  Pour la troisième, les Bills de Buffalo se cherchait un demi offensif.  Pour ce faire, ils avaient repêché Ernie Davis, le gagnant du Trophée Heisman en 1961.  Ce dernier choisit finalement la NFL, mais un diagnostic de leucémie mit fin abruptement non seulement à sa carrière, mais également à sa vie.  Gilchrist, qui constituait un plan B, hérita du poste et l’occupa avec brio.
 
Dès sa première saison dans l’AFL, il termina au sommet de la ligue pour les verges au sol, avec 1096, en plus d’être désigné le joueur le plus utile.
 
En 1963, il connut un match de 243 verges (un record à ce moment) et 5 touchés contre les Jets de New York.
 
En 1964, il termina encore en tête pour les verges au sol (avec 981), en plus d’aider les Bills à se mériter le titre de l’AFL.  Malgré cela, les Bills le laissèrent aller, ce qui lui laissa une certaine rancœur envers l’organisation.
 
Il joua ensuite avec les Broncos de Denver et les Dolphins de Miami.  Au cours de la saison 1965, il mena la charge pour un boycott des joueurs noirs du match des étoiles.  Comme des joueurs noirs eurent de la difficulté être servis à l’hôtel et dans certains commerces de la Nouvelle-Orléans, ils exigèrent que le match ait lieu ailleurs.  C’est finalement à Houston qu’il fut disputé.
 
En 1968, il devait finalement jouer sous les ordres de Paul Brown (depuis à la tête des nouveaux Bengals de Cincinnati).  Par contre, des problèmes de genou mirent fin à sa carrière.
 
À ses dix premières saisons professionnelles, Gilchrist fit partie de l’équipe d’étoiles à neuf reprises et ce, dans deux ligues différentes et dans cinq uniformes distincts.
 
Il est le seul athlète à avoir refusé d’être admis au Temple de la renommée du football canadien.  À ses yeux, il a été exploité en étant sous-payé, en plus d’être victime de racisme.  Il a de plus refusé de faire partie du "Wall of Fame" (mur d’honneur) des Bills, parce qu’il voulait qu’on le paie pour sa présence.  Il finit par changer d’idée, mais son cancer de la gorge finit par l’emporter en 2011, avant que le tout ne se concrétise.
 
Conscient qu’il était possible qu’il souffre d’encéphalopathie traumatique chronique, Gilchrist avait fait don de son cerveau.  L’autopsie confirma le diagnostic, ce qui pourrait expliquer certains de ses comportements.
 
Sources : ″Cookie Gilchrist dies at 75 after battle with cancer″, Canadian Press, 10 janvier 2011 (cfl.ca), ″Cookie Gilchrist, Early Star of the A.F.L., Dies at 75″ de Richard Goldstein, 10 janvier 2011, The New York Times (nytimes.com), cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 15 octobre 2015

Chuck Ealey

Malgré ses prouesses à l’école secondaire, Chuck Ealey, un quart-arrière, ne reçut pas une multitude d’offres d’universités.  Puisqu’il avait la possibilité de devenir quart numéro 1, Ealey choisit finalement l’offre d’une université de son état natal de l’Ohio, celle de Toledo.

Ealey ne les déçut pas, puisque de 1969 à 1971, il les mena à pas moins de 35 victoires consécutives.  (La séquence se termina au premier match sans Ealey, au début de la saison 1972.)  Au passage, les Rockets remportèrent trois fois le Tangerine Bowl.  Ealey fut nommé le joueur du match à chaque reprise et Toledo fut classé dans le Top 20 des universités aux États-Unis à chacune de ces années.  En 1971, Ealey termina huitième au scrutin pour le Trophée Heisman.
 
Avant le repêchage de la NFL, Ealey fit savoir que c’est comme quart qu’il désirait jouer, une position pratiquement inaccessible pour les noirs à ce moment.  Ealey fut donc complètement ignoré.  442 joueurs furent sélectionnés, mais aucune des 26 équipes ne réclama Ealey.  Il signa donc avec les Tiger-Cats d’Hamilton de la Ligue canadienne.
 
Il débuta la saison 1972 comme réserviste, mais il parvint rapidement à s’imposer.  Hamilton avait été une équipe dominante dans les années 1960, mais le noyau commençait à vieillir.  Avec Ealey aux commandes, les Ticats connurent une saison de 11-3, qui culmina avec une victoire de la Coupe Grey, qui se déroulait cette année-là à Hamilton.  Ses 291 verges par la passe, ainsi que son touché et ses 63 verges au sol valurent à Ealey le titre de joueur du match.
 
Pour ce qui est de sa saison, il fut désigné recrue de l’année, en plus d’être nomme au sein de l’équipe d’étoiles de l’est.
 
Après avoir passé une autre saison à Hamilton, il eut un lent départ en 1974, en plus d’une dispute salariale.  Les Ticats décidèrent alors de l’échanger aux Blue Bombers de Winnipeg, contre le vétéran Don Jonas.  (voir texte du 14 juillet 2013)  Son passage à Winnipeg fut par contre de courte durée, puisque l’année suivante, le jeune Dieter Brock prenait de plus en plus de plus place.  Il retourna ensuite dans le sud de l’Ontario, lorsqu’il fut échangé aux Argonauts de Toronto.
 
Ealey y connut des saisons intéressantes statistiquement, bien que l’équipe n’était pas dans ses meilleures années.
 
La carrière d’Ealey connut toutefois une fin abrupte lorsqu’en octobre, une blessure aux côtes lui causa un affaissement du poumon.  Il fut ensuite libéré par les Argos et sa tentative de retour l’année suivante fut sans succès.
 
 
Bien qu’elles ne furent réalisées qu’en sept saisons, les statistique d’Ealey montrent tout de même 13 326 verges accumulées par la passe et 82 passes de touchés.
 
Demeuré en Ontario, Ealey est par la suite devenu conseiller financier et a même tenu une chronique d’investissement à la radio.  Il a également enseigné.
 
Malgré ses accomplissements, Ealey n’a pas été retenu par le Temple de la renommée du football collégial.
 
Sources : ″Blue Bombers deal Chuck Ealey to Argonauts″, Canadian Press, 15 octobre 1975, Ottawa Citizen, p.25, ″Ealey sparks Toronto″, 23 octobre 1975, The Toledo Blade, p.20, ″Free Agent Ealey Seeks Canadian Huddle″ de Jack Hayes, 15 août 1979, The Toledo Blade, p.32, cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 8 octobre 2015

Bobby Kuntz


Alors qu’il était enfant, Bobby Kuntz déménagea avec sa famille de Cleveland à Kitchener.  Il fit ses études à l’Université McMaster, à Hamilton, où il joua bien sûr au football.
 
Après quelques saisons à jouer au niveau senior à Kitchener, Kuntz signa un contrat avec les Argonauts de Toronto en 1955.  Comme c’était commun à l’époque, il jouait autant en défensive (comme secondeur) qu’en attaque (comme centre arrière).
 
Dès 1957, Kuntz fut désigné joueur canadien par excellence de la division est, en plus de faire partie de l’équipe d’étoiles.  Il avait la réputation d’être très résistant, en plus d’être versatile.
 
Suite à la saison 1961, où Kuntz remporta un deuxième titre de joueur canadien par excellence de la division est, il dut prendre une décision difficile.  Son frère aîné, qui gérait l’entreprise familiale d’électroplacage, mourut.  Il se résolut donc à abandonner le football.  La situation fut par contre de courte durée.  Jim Trimble, l’entraineur des Tiger-Cats d’Hamilton, le convainquit de reprendre ses crampons, d’autant plus qu’Hamilton est plus près de l’usine, à Kitchener.  Les Argos durent donc se résoudre à échanger Kuntz à leurs éternels rivaux, eux qui étaient déjà à ce moment l’équipe dominante de la division est.
 
Kuntz devint un rouage important de la déjà puissante équipe des Ticats.  Il fut choisi au sein de l’équipe d’étoiles de l’est en 1962 et 1964, en plus de collaborer à leur victoire en finale de la Coupe Grey en 1963 et 1965.
 
C’est suite à la saison 1966 qu’il prit sa retraite, pour de bon cette fois, pour finalement se joindre de façon définitive à l’entreprise familiale, qui prenait de l’ampleur.
 
C’est en 2000 que Kuntz reçut un diagnostic de la maladie de Parkinson.  Il dut passer les dernières années de sa vie dans une résidence.  Il mourut en 2011, à l’âge de 79 ans, quelques mois après son frère.
 
Par contre, l’entreprise leur a survécu et elle appartient toujours à la famille.  Son chiffre d’affaire est de plus de 50 millions $, a plus de 675 employés et elle compte parmi ses clients la plupart des fabricants automobiles.
 
Sources : ″CFL mourns the loss of Bobby Kuntz″, Canadian Press, 7 février 2011 (cfl.ca), ″Toughest Ticat, Bobby Kuntz dies″, 8 février 2011, Hamilton Spectator (thespec.com), cflapedia.com, ic.gc.ca, kuntz.com, wikipedia.org.

jeudi 1 octobre 2015

Chuck Zapiec


Chuck Zapiec fit partie d’une des plus puissantes équipes de l’Université Penn State.  Jouant d’abord comme garde, puis comme secondeur, il aida les Nittany Lions à obtenir deux saisons parfaites, en 1968 et en 1969. Il participa également à deux victoires à l’Orange Bowl et une autre au Cotton Bowl.   Lors de la victoire à l’Orange Bowl de 1969, Zapiec réalisa un jeu clé qui permit à son équipe de marquer un converti de deux points à la toute fin du match et qui fit pencher la balance en faveur de Penn State.
 
Pendant son passage avec les Nittany Lions, son équipe cumula une fiche globale de 34-1.
 
Lors du repêchage de 1972, il fut choisi en quatrième ronde (93e au total) par les Cowboys de Dallas, dans une séance où ils ne choisirent pas moins de cinq secondeurs.  L’embouteillage à cette position nuit à Zapiec, qui fut éventuellement libéré.  Il obtient une deuxième chance avec les Dolphins de Miami, mais il ne vit pas d’action, avant d’être à nouveau libéré.
 
Il se dirigea alors au nord de la frontière, où il joua quelques matchs avec les Rough Riders d’Ottawa.  Il fit de même en 1973, mais suite à une blessure, l’équipe tenta de le soumettre temporairement au ballotage, mais les Alouettes le réclamèrent aussitôt.
 
C’est donc finalement en 1974 que le ciel s’éclaircit pour Zapiec.  Il fit enfin sa place à Montréal.  Dirigées par Marv Levy, ceux-ci amorçaient une des meilleures périodes de leur histoire.  Nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’est, il aida les Alouettes à se mériter la Coupe Grey, en ayant le dessus sur les Eskimos d’Edmonton, par la marque de 20-7.  Les deux mêmes équipes se donnèrent rendez-vous en 1975, mais avec le résultat inverse.
 
En 1977, les Alouettes montrèrent une fiche de 11-5 et rencontrèrent à nouveau en finale les Eskimos, pour y disputer ce qui est passé à l’histoire comme étant le "Ice Bowl".  (voir texte du 14 novembre 2014)  Les Alouettes furent plus rusés, parvinrent à maîtriser les conditions difficiles et eurent le dessus, 41-6.  De son côté, Zapiec fut nommé au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue, exploit qu’il répéta en 1978.
 
En 1979, il tenta à nouveau sa chance dans la NFL, lorsqu’il alla rejoindre son ancien entraîneur à Montréal, Marv Levy.  Ce dernier avait depuis pris la tête des Chiefs de Kansas City.  Malheureusement, Zapiec se blessa au cou pendant le camp et c’est ainsi que se termina sa carrière.  Décidément, il n’était pas destiné à jouer dans la NFL…
 
 
Zapiec a la distinction d’avoir joué (bien que brièvement dans certains cas) pour plusieurs entraîneurs légendaires.  Au niveau universitaire, il a joué pour Joe Paterno.  Malgré sa triste fin de carrière, il demeure l’entraîneur ayant accumulé le plus de victoire au football universitaire américain.   Dans la NFL, c’est Don Shula qui détient ce titre, lui que Zapiec a côtoyé à Miami.  
 
À Dallas, Tom Landry était en charge, alors qu’à Montréal et à Kansas City, c’était Marv Levy.  Ces deux derniers font partie du Temple de la renommée du football américain.
 
Après le football, Zapiec réussit bien son après-carrière.  Il avait appris le français et avait pris des cours à l’Université de Montréal et à McGill.  En plus d'avoir été analyste lors de la transmission des matchs des Alouettes à CJAD, il travailla à Montréal dans le secteur de l’assurance.  Il a ensuite été transféré par Confederation Life dans sa ville natale de Philadelphie.  Plus tard, il oeuvra pour Merrill Lynch, avant de fonder sa propre firme d’investissement.  Celle-ci investit dans plusieurs entreprises reliées à l’internet et eu du succès.
 
En 1997, suite à des problèmes médicaux, il alla se reposer à Hilton Head, en Caroline du Sud.  Depuis, il investit dans l’immobilier de cette région et il y loue des propriétés.
 
Sources : ″Als’ Zapiec happier warrior now″ de Dick Bacon, 19 août 1978, Montreal Gazette, p.42, ″Veteran defenders Zapiec and Perry leaving Alouettes″ de Ian MacDonald, 7 février 1979, Montreal Gazette, p.72, ″Football hero Zapiec leaves″ de Ted Blackman, 5 juin 1984, Montreal Gazette, p.A3, cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 24 septembre 2015

Trevis Smith


Trevis Smith est originaire d’un état où le football universitaire est roi : l’Alabama.  C’est donc sans surprise qu’il choisit de revêtir l’uniforme du Crimson Tide de l’université de l’endroit.
 
En 1999, une fois son stage universitaire terminé, il prit le chemin du Canada pour s’aligner avec les Roughriders de la Saskatchewan.
 
Hors du terrain, Smith était un coéquipier respecté, qui semblait mener une vie rangée.  Il était marié et avait deux enfants.  Par contre, il prenait avantage de certains "bénéfices" d’être un Rider.
 
Les athlètes, tout comme les acteurs et les musiciens populaires, ont toujours eu un attrait avéré pour certaines femmes.  Dans le cas des Riders, le phénomène est amplifié par rapport aux autres équipes de la LCF, car ils sont la seule équipe professionnelle à Régina. (voir texte du 5 avril 2013)
 
Utilisant sa gentillesse et son amabilité, il noua des relations avec plusieurs femmes.  Certaines étaient à Régina, d’autres dans d’autres villes de la ligue.  Certaines étaient au courant pour sa femme, d’autres pensaient être sa vraie copine.
 
En 2004, une d’entre elles trouva un livre dans ses affaires à propos de comment vivre avec le VIH.  Elle le confronta.  Il nia.
 
Et puis en 2005, une rumeur se mit à courir à l’effet que Smith avait contracté le VIH.  Certaines d’entre elles le confrontèrent  à sujet.  Encore une fois, Smith nia tout et ils continuèrent d’avoir des relations non protégées.  Pourtant, il savait depuis 2003 qu’il était porteur.
 
Heureusement, aucune d’elles n’a été infectée.
 
Deux d’entre elles portèrent plainte.  Étonnamment, d’autres continuèrent de le soutenir, incluant son épouse.  Une d’elles fut même accusée de l’avoir aidé à briser une de ses conditions de remise en liberté.  Suite à un procès, Smith fut reconnu coupable en 2007 de deux chefs d’agression sexuelle et de bris de condition.  Il écopa de 5 ans et demi de prison.  Le verdict fut confirmé en appel.
 
Libéré en 2009, il fut déporté aux États-Unis.  De retour en Alabama, il devint entraîneur de football dans une école secondaire.  En 2012, lorsque l’institution apprit son histoire, il perdit son poste.
 
Sources : "Trevis Smith : anatomy of sexual assault" de Dawn Walton et Allan Maki, 25 février 2007, The Globe and Mail (theglobeandmail.com), wikipedia.org.

jeudi 17 septembre 2015

John Harvey


Avez-vous dit étoile filante?
 
En 1973, les Alouettes ont joué de chance.  Ils ont recruté le demi offensif John Harvey, après qu’il eut été rejeté par Winnipeg et la Saskatchewan.  Celui-ci jouait auparavant au Tyler Junior College, au Texas.  (Les "Junior Colleges" n’ont pas le statut d’université et ne décernent pas de baccalauréats.)  Harvey est donc passé sous les radars de plusieurs et joua pour un salaire à peine plus que le salaire minimum de la ligue.
 
Harvey ne tarda pas à s’illustrer.  Au sein d’une équipe moyenne (fiche de 7-6-1), il accumula 1024 verges au sol, pour une incroyable moyenne de 7,5.  Il capta aussi 32 passes (pour 377 verges), en plus de marquer 3 touchés.
 
Sa performance impressionna suffisamment pour lui valoir le titre de joueur le plus utile à son équipe dans la division est.  (Étonnamment, il ne remporta pas le titre de recrue de l’année.  C’est plutôt son coéquipier Johnny Rodgers (voir texte du 19 juillet 2013) qui remporta la palme.)  Il fut également nommé au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue.  La NFL lui porta également de l’attention, puisqu’il fut repêché au 7e tour (158e au total) par les Rams de Los Angeles.
 
Par contre, se préparait au sud de la frontière le lancement d’une ligue qui désirait concurrencer la NFL, la World Football League (WFL).  Pour attirer des joueurs de calibre, la nouvelle ligue offrit des salaires supérieurs et Harvey ne put résister à l’offre de 55 000$ qu’il reçut des Southmen de Memphis.  Harvey ne passa donc qu’une seule saison à Montréal.
 
Harvey eut une bonne saison au Tennessee, avec 945 verges au sol, 21 passes pour 275 verges par la voie des airs, 5 touchés, en plus de lancer 3 passes (dont une pour un touché).  Les Southmen terminèrent l’année avec une fiche de 17-3 dans une ligue qui s’est par contre avérée très instable financièrement.
 
La saison 1975 de la WFL débuta avec 11 équipes (une de moins que l’année précédente et plusieurs autres qui prirent la place d’équipes en faillite).  Non seulement les Southmen faisaient partie des survivants mais en plus, ils tentèrent un grand coup.  Ils offrirent un pont d’or à trois joueurs des Dolphins de Miami, les champions du Super Bowl, pour les signer.  C’est ainsi que Larry Csonka, Jim Kiick et Paul Warfield se retrouvèrent dans l’uniforme des Southmen.  Csonka et Kiick étaient des amis de longue date et étaient reconnus pour leur habitude de faire la fête.  Csonka signa un contrat de 1,4 million pour 3 ans, une somme énorme selon les normes de l’époque, ce qui incita Harvey à maugréer et demander une augmentation.
 
Comme les vedettes Csonka et Kiick jouaient également dans le champ arrière, le temps de jeu de Harvey s’en trouva grandement diminué.  Il faut dire que le fait d’avoir été impliqué dans une histoire de trafic de drogue n’a sûrement pas aidé…  Il n’accumula que 137 verges au sol et 107 par la passe en 11 matchs.  Par contre, l’instabilité financière finit par avoir raison de la WFL, qui ferma les livres avant même la fin de la saison.
 
En 1976, les trois ex-joueurs de la NFL y retournèrent, mais pas avec les Dolphins.  Ils prirent chacun des chemins séparés.  Quant à Harvey, il retourna dans la LCF, mais avec les Argonauts de Toronto.  En 10 matchs, il fut plus utilisé pour capter des passes (458 verges, 5 touchés) que pour courir (68 verges).
 
En 1977, après avoir raté des entraînements et affiché son habituelle attitude désagréable, Harvey finit par exaspérer les Argos et fut libéré.  Il joua un dernier match avec Hamilton avant de clore sa carrière de footballeur, qui s’était annoncée pourtant si prometteuse à peine cinq ans plus tôt. 
 
Sources : ″Cahill, Rams draft Harvey but Larks’ offer looks best″ de Ian MacDonald, 6 février 1974, Montreal Gazette, p.35, ″WFL’s job simple: finish season and stay solvent″ de John Crittenden, 30 juin 1975, The Miami News, p.1C, ″Ex-Lark Harvey demands $100,000 from Memphis″ 3 juillet 1975, Montreal Gazette, p.39, ″Absence of Orr from WHA puts stress on Howe return″ de Brodie Snyder, 17 septembre 1975, Montreal Gazette, p.15, ″Argos fed up with Harvey″, Canadian Press, 10 juin 1977, The Ottawa Citizen, p.14, cflapedia.com, wikipedia.org.

mercredi 2 septembre 2015

Bernie Faloney


Le stage universitaire de Bernie Faloney l’a mené à l’Université du Maryland.  Suite à une victoire à l’Orange Bowl en 1954, il termina quatrième au scrutin pour le Trophée Heisman.  Au repêchage de la NFL, il fut choisi en première ronde, onzième au total, par les 49ers de San Francisco.
 
Les Niners lui firent une offre de contrat de 9000$, mais lorsque les Eskimos d’Edmonton lui en offrirent 12 500$ (alors que le dollar canadien valait plus que le dollar américain), Faloney décida de se diriger au nord de la frontière.
 
Dès sa première saison, comme quart substitut derrière Jackie Parker (voir texte du 16 février 2013), il aida les Eskimos à remporter la Coupe Grey.  Ce premier triomphe d’Edmonton passera surtout à l’histoire en raison du touché décisif de ce même Parker en toute fin de match, sur un retour de revirement, aux dépends des Alouettes. Par contre, son passage en Alberta fut de courte durée, puisqu’il dut retourner aux États-Unis pour faire son service militaire.
 
 
À son retour, en 1957, il signa pour une équipe de l’est, les Tiger-Cats d’Hamilton.  À partir de ce moment, les Ticats devinrent dominants dans l’est.  L’équipe se rendit en finale huit fois en neuf ans, remportant la Coupe Grey en 1957, 1963 et en 1965.  De son côté, Faloney, joueur intelligent et déterminé, fut nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’est à quatre reprises.
 
Toutefois, une partie de ses exploits à Hamilton faillirent ne pas se réaliser.  Faloney a été impliqué malgré lui dans une controverse.  Après la saison 1960, Montréal créa une véritable onde de choc en échangeant ses deux grandes vedettes, Sam Etcheverry (voir texte du 2 juillet 2013) et Hal Patterson (voir texte du 23 décembre 2013) aux Tiger-Cats.  En retour, ces derniers offrir Don Paquette et Faloney.  Il y avait toutefois un hic.  Etcheverry avait une clause de non-échange, qu’il invoqua aussitôt pour faire annuler son contrat.  Il prit donc le chemin de St-Louis  pour s’aligner avec les Cardinals de la NFL.  De son côté, Faloney demeura à Hamilton.  (L’échange Paquette-Patterson eut tout de même lieu.)  
 
Pendant que Faloney continuait de briller dans la ville de l’acier (il fut nommé meilleur joueur de la ligue en 1961), les Alouettes se cherchèrent un quart pendant plusieurs années, tout en ayant des résultats médiocres.  En janvier 1965, Montréal se résolut à revenir à sa solution initiale.  Dans un échange à huit joueurs (ce qui était à l’époque le plus important de la ligue), les Alouettes (re)firent l’acquisition de Faloney.
 
L’équipe n’a pas amélioré sa fiche en 1965 (5-9 vs 6-8 en 1964), mais Faloney a tout de même obtenu 2253 verges par la passe, été choisi au sein de l’équipe d’étoiles de l’est, en plus de remporter le Trophée Jeff-Russel (voir texte du 11 août 2013), en tant que joueur ayant démontré le plus de courage et d’esprit sportif.  Il a par contre été intercepté à 29 reprises, contre seulement 8 passes de touché.
Bernie Faloney, avec le casque ailé des Alouettes de l'époque 
 
La saison 1966 a été beaucoup plus décevante pour Faloney.  Avec seulement 2 passes de touchés, mais 11 interceptions, Faloney finit par perdre son poste de partant au profit de George Bork.  Malgré une attaque anémique, la défensive a tout de même permis à l’équipe de jouer pour une fiche de ,500 (7-7) pour la seule fois des années 1960.  
 
Il ne restait ainsi qu’une saison au contrat de Faloney et ce dernier avait déjà annoncé qu’il s’agirait de son dernier.  Sa fin de saison en queue de poisson incita alors les Alouettes à se départir de lui.  Ils l’envoyèrent donc aux Lions de la Colombie-Britannique, qui devait remplacer Joe Kapp, parti aux États-Unis.  En retour, Montréal obtint Mike Webster. (voir texte du 14 novembre 2013) 
 
À moyen terme, Webster rendit de fiers services aux Alouettes.  Par contre, à court terme, Faloney eut en 1967, sa dernière saison, son total le plus élevé de verges par la passe, avec 3303.  À Montréal, Bork n’a même pas terminé la saison.  Il a été libéré en octobre et remplacé par Carroll Williams, dans une saison qui s’est avéré la pire de l’histoire des Alouettes (2-12).
 
Suite à sa retraite, Faloney est demeuré dans la région d’Hamilton.  Il s’est ensuite consacré à son entreprise de vente d’équipements lourds pour la construction, en plus d’élever des chevaux.
 
Il a été élu au Temple de la renommée du football canadien en 1974.
 
Bernie Faloney est décédé en 1999, à l’âge de 66 ans, des suites d’un cancer colorectal.
 
Sources :
 
Turbis, Pierre et Bruneau, Pierre, La grande histoire des Alouettes de Montréal, Éditions de l’Homme, 2007, p.175 à 195,
 
″Rifle’s Signing Has Faloney in Awkward Spot″, Canadian Press, 14 janvier 1961, The Ottawa Citizen, p.9,

″Als Finally Get Bernie Faloney″ de Bob Scott, 6 janvier 1965, Montreal Gazette, p.25,

″Faloney, Alouettes come to agreement?″, Canadian Press, 26 mai 1965, Regina Leader-Post, p.31,

″Trade Looms Closer, Faloney Agrees To Go″ de Bob Scott, 16 juin 1967, Montreal Gazette, p.27,

″Als Get Webster For Faloney″, 17 juin 1967, Montreal Gazette, p.29,

″Bork, Lisbon, Doss, Parson Dropped by Als″ de Bob Scott, 2 octobre 1967, Montreal Gazette, p.29,

″Faloney legacy: It’s Rags to Riches″ de Deborah Weisberg, 14 juillet 1999, Pittsburgh Post-Gazette, p.W-11,

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