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mercredi 3 août 2016

Lionel Conacher

Lionel "Big Train" Conacher fut un type d'athlète comme il ne s'en fait plus.  La manière dont le sport amateur est constitué de nos jours me fait douter que des gens comme Lionel Conacher en son temps puissent exceller dans autant de sports que ce dernier, ne serait-ce que par le coût de l'équipement.  De plus, lorsqu'ils sont pratiqués à au niveau, certains sports se déroulent douze mois.

Lionel Conacher connut une carrière professionnelle dans pas moins de quatre sports.  Et bien qu'il connut une carrière remarquable sur la glace, ce ne fut pas en tant que hockeyeur qu'il préférait compétitionner...  Lionel Conacher est d'ailleurs membre des Temples de la Renommée de la crosse, du football canadien et du hockey...

Lionel Conacher est né en 1901 à Toronto dans une famille ouvrière qui comptera 10 enfants. Ses frères Roy et Charlie deviendront également des grands joueurs de hockey et constitueront avec Lionel l'unique trio de frères membres du Temple de la Renommée du hockey.  Conacher dût abandonner l'école très tôt pour aider sa famille.  Il décida alors que ce n'était pas en tant qu'ouvrier mais en tant que sportif qu'il allait gagner sa vie.

Le sport de prédilection de Conacher était le football.  C'est à 11 ans qu'il débuta la pratique de ce sport. Et bien que son attention fut portée sur le terrain hachuré, Conacher en vint à pratiquer plusieurs autres sport sur une base régulière, comme la crosse et le baseball. Ce n'est par contre que sur le tard que Conacher se mit au hockey.  Il n'apprit à patiner qu'à l'âge de 16 ans mais comme il était un athlète complet et robuste, il devint un excellent joueur assez rapidement.   Évoluant à la défense, on peut se douter que son expérience en tant que joueur de football lui donna un caractère assez agressif.  Après avoir joué pour quelques petites équipes, Conacher se joignit aux Toronto Canoe Club juniors pour la saison 1919-20.  Il remporta d'ailleurs lors de cette saison la Coupe Memorial qui en était alors à sa deuxième saison d'existence.

C'est à cette période qu'il refusa son premier contrat professionnel au hockey, préférant se concentrer sur sa carrière au football.  Il refusa donc l'offre des St.Pats de Toronto de 3000$ par année.  À noter aussi qu'à cette époque, il cogna le coup de circuit qui allait donner le championnat à son équipe de baseball.  Il aurait par la suite prit un taxi pour se rendre à un match de crosse où il aurait aidé son équipe à surmonter un déficit de 3-0 en marquant 4 buts.  Durant cette même année 1920, Conacher fut couronné champion de boxe mi-lourd. Il disputa d'ailleurs un match de 4 rounds contre le légendaire Jack Dempsey en 1922...

Lionel Conacher se joignit aux des Argonauts de Toronto, alors un club amateur, en 1921.  Il remportera d'ailleurs la Coupe Grey avec l'équipe lors de sa première saison.  Toujours évoluant dans le hockey amateur mais cette fois avec une équipe nommée Aura Lees, Conacher refusa l'offre des Canadiens de Montréal de 5000$ par année en 1922.  Et le talent brut de Conacher fut remarqué à cette époque au sud de la frontière et en 1923, on offrit une bourse d'étude à Conacher pour la Bellefonte Academy de Pittsburgh.  Devant cette opportunité, Conacher quitta donc le Canada afin d'aller s'établir dans la ville de l'acier.  C'est à cette époque que le hockey prit plus de place dans sa vie.  Il devint l'un des piliers des Yellow Jackets de Pittsburgh de la United States Amateur Hockey Association, menant l'équipe à un championnat lors des deux saisons où il évolua avec ces derniers. En 1925, les Yellow Jackets furent rachetés et devinrent une équipe de la NHL, les Pirates de Pittsburgh.  C'est à cette occasion que Lionel Conacher décida de devenir un joueur de hockey professionnel, le hockey étant notamment plus payant que le football.

C'est donc dans l'uniforme des Pirates de Pittsburgh que Conacher débuta sa glorieuse carrière de hockeyeur professionnel.  Il marqua d'ailleurs le premier but de l'histoire de l'équipe.  Le geste s'est fait le 26 novembre 1925 contre les Bruins de Boston.  Bien qu'il fut le joueur vedette de l'équipe, Conacher fut échangé à la fin de la saison aux Americans de New York.  À la même période, en 1926, Conacher évolua au baseball professionnel avec les Maple Leafs de Toronto de la Ligue internationale durant 3 matchs.  Conacher, maintenant réuni avec son ami d'enfance Billy Burch, évoluera durant 4 saisons à New York avant d'être échangé aux Maroons de Montréal en 1930.  Il connut de très bonnes saisons avec les Maroons, dont sa meilleure saison sur le plan statistique en 1932-33, avec 7 buts et 21 passes en 28 matchs.

Lors de son premier passage à Montréal, Conacher se remit à pratiquer plusieurs autres sports.  Il devint un lutteur professionnel et ne perdit aucun match.  Reste à savoir si ce sport était déjà arrangé à cette époque...  Et lorsque qu'il devint joueur de hockey professionnel, Conacher perdit le droit de pouvoir pratiquer un autre sport amateur. Ceci a fait en sorte que lorsque la piqûre du football lui reprit, Conacher fonda la première ligue de football canadien, rien de moins...  En 1933, son équipe se nommait le Crosse and Blackwell Chefs de Toronto (du nom du commanditaire).  En 1934, ils se nommeront les Wrigley Aromints.

Il évoluera également à la crosse au niveau professionnel avec les Maroons de Montréal (qui avaient aussi un club de ce sport) à cet époque...

Au hockey, Conacher connut qualitativement la meilleure saison de sa carrière à Chicago lorsque les Maroons l'échangèrent en 1933 contre un joueur nommé Teddy Graham.  Il s'agit en fait de la première fois de sa carrière où il ne fut pas échangé contre de l'argent.  D'ailleurs, si vous ne l'aviez pas remarqué encore, Conacher passa la majeure partie de sa carrière de hockeyeur au sein d'équipes qui n'ont pas survécu à la crise économique des années 1930... C'est donc en tant que redoutable défenseur des Blackhawks de Chicago que Lionel Conacher remporta sa première Coupe Stanley en 1934.  Il fut d'ailleurs sélectionné au sein la première équipe d'étoile pour la première et unique fois de sa carrière.  Il fut également second au chapitre des votes pour le trophée Hart lors de cette saison derrière Aurèle Joliat, le célèbre numéro 4 des Canadiens.

Parlant des Canadiens, Lionel Conacher fut un Canadien le temps d'un après-midi.  En 1934, il fut impliqué dans l'échange d'Howie Morenz à Chicago.  Les Canadiens obtinrent ses services et ceux de Leroy Goldsworthy et Roger Jenkins en retour de Morenz, du gardien Lorne Chabot et du défenseur Marty Burke.  Mais Conacher ne fut un joueur des Canadiens qu'une seule journée.  Il fut échangé le même jour aux Maroons.  C'est donc dans l'uniforme des Maroons qu'il remportera pour la deuxième saison consécutive la Coupe Stanley, en 1935.  Conacher évoluera à Montréal jusqu'à la saison 1936-37 lorsqu'il prit sa retraite.  La même année, il fut encore une fois deuxième au chapitre des votes pour le trophée Hart, mais derrière Babe Siebert cette fois. Il quitta donc le monde du sport professionnel sur une bonne note.

Aussitôt sa carrière de sportif terminé, en 1937, Conacher fut élu à l'Assemblée législative de l'Ontario dans le comté torontois de Bracondale, poste qu'il occupera jusqu'en 1943.  En 1949, il fut élu député dans un autre district torontois, Trinity, toujours sous la bannière libérale.  Il fut réélu en 1953 et c'est lors d'un match de balle molle entre les membres du parlement et la presse en mai 1954 que Lionel Conacher mourut d'une crise cardiaque à l'âge de 53 ans...

Lionel Conacher fut nommé plus grand athlète canadien de la première moitié du XXe siècle en 1950.

Le trophée remis annuellement par la Presse Canadienne au meilleur athlète canadien se nomme le trophée Lionel Conacher.  Wayne Gretzky l'emporta à titre d'athlète du siècle en 1999.

En plus de ses frères Roy et Charlie, son fils, Brian Conacher, évolua quelques saisons avec les Maple Leafs, remportant la Coupe Stanley avec ces derniers en 1967.  Quant à Lionel Jr, il fut un choix de première ronde des Alouettes en 1960, avec qui il passa une saison.

Initialement publié sur http://pucktavie.blogspot.ca/
 

samedi 28 novembre 2015

Le Mud Bowl


En 1950, la Coupe Grey a eu lieu à Toronto, au Varsity Stadium.  Le stade de l’Université de Toronto n’avait déjà pas le plus beau terrain à ce moment.  Mais ce n’était pas tout.  Chose inhabituelle pour Toronto à la fin novembre, vingt centimètres de neige étaient tombés.  Un camion devait dégager le terrain, mais lorsque la neige s’est changée en pluie, il s’est embourbé.  Un autre camion a dû intervenir pour le tirer de là, avec l’effet que l’on peut imaginer sur l’état du terrain.
 
Au début du match, les conditions étaient déjà affreuses.  Il y avait des flaques de boue et des morceaux de glace.
 
Au niveau sportif, les Argonauts étaient légèrement favoris face aux Blue Bombers.  La pluie constante n’allait pas arranger les choses à l’attaque portée vers la passe de Winnipeg.
 
Au premier quart, un botté de Joe Krol s’est retrouvé dans la zone des buts pour ouvrir la marque avec un simple, 1-0 Argos.

Au deuxième quart, le botteur Nick Volpe a enchaîné avec deux placements et porté le pointage à 7-0 à la demie.
 
https://www.youtube.com/watch?v=qSXLROlS1S4

Les Bombers ont alors demandé une permission spéciale pour changer leurs uniformes complètement souillés, ce qui pouvait impliquer de changer de numéro des joueurs.  La permission leur a été accordée.  Les deux équipes ont ainsi retourné sur le terrain, qu’aucune toile ne protégeait pendant la pause.
 
S’est ensuite passé un événement qui a marqué l’imaginaire.  L’arbitre Hec Creighton a aperçu Buddy Tinsley allongé, face au sol.  Creighton a alors retourné l’imposant joueur de ligne des Bombers sur le dos.  La légende veut que Tinsley était sur le point de se noyer dans une marre d’eau.  Tinsley a plus tard assuré que ce n‘était pas le cas.  Selon sa version des faits, il avait aggravé une blessure et comme on avait enrubanné son genou de façon très serrée, il avait de la difficulté à bouger.
 
Le quart des Argos Al Dekdebrun a eu le dessus sur son vis-à-vis Jake Jacobs, qui a accordé quelques revirements dans des conditions lamentables.  Dekdebrun a marqué lui-même le seul touché du match sur une course de quatre verges.  Ce dernier avouera plus tard qu’il avait pu mieux contrôler les éléments en demandant au soigneur d’enrubanner des broches à ses doigts pour pouvoir avoir une meilleur emprise sur le ballon.
 
 
Toronto l’a emporté 13-0, dans ce qui a été la première de cinq Coupes Grey de l’entraîneur Frank Clair.  Il s’agit de la dernière fois qu’une équipe ait été blanchie à la Coupe Grey.
 
Sources :
 
Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968,
 
Drake, Stephen, Weird facts about Canadian Football: Strange, wacky & hilarious stories, OverTime Books, 2009, p.31 à 33,
 
Januska, Michael, Grey Cup Century, Dundurn, 2012, p.97 à 99,
 
« Canadian-born players in Limelight » de Vern DeGeer, 26 novembre 1950, Montreal Gazette, p.20.

jeudi 22 octobre 2015

Cookie Gilchrist


Chester "Cookie" Gilchrist n’est pas passé par l’université, ce qui n’est pas si courant pour un joueur américain.  Après l’école secondaire, il fut recruté par Paul Brown, l’entraîneur des Browns de Cleveland.  Lorsqu’il fut statué que le contrat contrevenait aux règles, Gilchrist décida d’aller jouer au nord de la frontière, au niveau senior.  Il passa donc la saison 1954 avec les Imperials de Sarnia et la saison 1955 avec les Dutchmen de Kitchener-Waterloo.  Dans les deux cas, il se mérita le titre de joueur le plus utile de son équipe, en plus de mener les Dutchmen au championnat en 1955.
 
Ses performances parvinrent à attirer l’attention des Tiger-Cats d’Hamilton de la LCF et il ne déçut pas.  Dans le champ arrière, il avait un style particulièrement robuste, où il n’hésitait à se créer lui-même son propre chemin.  Dès sa saison recrue, il fut nommé au sein de l’équipe d’étoiles, chose qui deviendra chez lui une véritable tradition.  Bien que principalement identifié comme champ arrière, il jouait aussi en défense (ce qui était commun à l’époque).  Il excellait également comme secondeur, en plus de retourner des bottés et d’être par moment botteur de précision. 
 
Sa polyvalence ne se limitait pas au terrain, puisqu’à l’extérieur, il démarra plusieurs entreprises.  Il ouvrit entre autres le premier restaurant d’Hamilton avec un service à l’auto.
 
 À sa deuxième saison, il aida les Ticats à remporter la Coupe Grey.  Au cours de la saison, il accumula 958 verges au sol, en plus d’en ajouter 82 par la passe et 105 sur des retours de botté.
 
Suite à une dispute salariale, il passa ensuite aux Roughriders de la Saskatchewan, avec qui il accumula 1254 verges, mais où il ne passa que la saison.1958.  Réputé pour avoir une personnalité difficile, il fut échangé aux Argonauts de Toronto, avec qui il passa trois autres saisons.  En 1960, il fut finaliste de la division est au titre de meilleur joueur de la ligue.
 
En 1962, l’American Football League avait complété deux saisons entières.  Pour la troisième, les Bills de Buffalo se cherchait un demi offensif.  Pour ce faire, ils avaient repêché Ernie Davis, le gagnant du Trophée Heisman en 1961.  Ce dernier choisit finalement la NFL, mais un diagnostic de leucémie mit fin abruptement non seulement à sa carrière, mais également à sa vie.  Gilchrist, qui constituait un plan B, hérita du poste et l’occupa avec brio.
 
Dès sa première saison dans l’AFL, il termina au sommet de la ligue pour les verges au sol, avec 1096, en plus d’être désigné le joueur le plus utile.
 
En 1963, il connut un match de 243 verges (un record à ce moment) et 5 touchés contre les Jets de New York.
 
En 1964, il termina encore en tête pour les verges au sol (avec 981), en plus d’aider les Bills à se mériter le titre de l’AFL.  Malgré cela, les Bills le laissèrent aller, ce qui lui laissa une certaine rancœur envers l’organisation.
 
Il joua ensuite avec les Broncos de Denver et les Dolphins de Miami.  Au cours de la saison 1965, il mena la charge pour un boycott des joueurs noirs du match des étoiles.  Comme des joueurs noirs eurent de la difficulté être servis à l’hôtel et dans certains commerces de la Nouvelle-Orléans, ils exigèrent que le match ait lieu ailleurs.  C’est finalement à Houston qu’il fut disputé.
 
En 1968, il devait finalement jouer sous les ordres de Paul Brown (depuis à la tête des nouveaux Bengals de Cincinnati).  Par contre, des problèmes de genou mirent fin à sa carrière.
 
À ses dix premières saisons professionnelles, Gilchrist fit partie de l’équipe d’étoiles à neuf reprises et ce, dans deux ligues différentes et dans cinq uniformes distincts.
 
Il est le seul athlète à avoir refusé d’être admis au Temple de la renommée du football canadien.  À ses yeux, il a été exploité en étant sous-payé, en plus d’être victime de racisme.  Il a de plus refusé de faire partie du "Wall of Fame" (mur d’honneur) des Bills, parce qu’il voulait qu’on le paie pour sa présence.  Il finit par changer d’idée, mais son cancer de la gorge finit par l’emporter en 2011, avant que le tout ne se concrétise.
 
Conscient qu’il était possible qu’il souffre d’encéphalopathie traumatique chronique, Gilchrist avait fait don de son cerveau.  L’autopsie confirma le diagnostic, ce qui pourrait expliquer certains de ses comportements.
 
Sources : ″Cookie Gilchrist dies at 75 after battle with cancer″, Canadian Press, 10 janvier 2011 (cfl.ca), ″Cookie Gilchrist, Early Star of the A.F.L., Dies at 75″ de Richard Goldstein, 10 janvier 2011, The New York Times (nytimes.com), cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 15 octobre 2015

Chuck Ealey

Malgré ses prouesses à l’école secondaire, Chuck Ealey, un quart-arrière, ne reçut pas une multitude d’offres d’universités.  Puisqu’il avait la possibilité de devenir quart numéro 1, Ealey choisit finalement l’offre d’une université de son état natal de l’Ohio, celle de Toledo.

Ealey ne les déçut pas, puisque de 1969 à 1971, il les mena à pas moins de 35 victoires consécutives.  (La séquence se termina au premier match sans Ealey, au début de la saison 1972.)  Au passage, les Rockets remportèrent trois fois le Tangerine Bowl.  Ealey fut nommé le joueur du match à chaque reprise et Toledo fut classé dans le Top 20 des universités aux États-Unis à chacune de ces années.  En 1971, Ealey termina huitième au scrutin pour le Trophée Heisman.
 
Avant le repêchage de la NFL, Ealey fit savoir que c’est comme quart qu’il désirait jouer, une position pratiquement inaccessible pour les noirs à ce moment.  Ealey fut donc complètement ignoré.  442 joueurs furent sélectionnés, mais aucune des 26 équipes ne réclama Ealey.  Il signa donc avec les Tiger-Cats d’Hamilton de la Ligue canadienne.
 
Il débuta la saison 1972 comme réserviste, mais il parvint rapidement à s’imposer.  Hamilton avait été une équipe dominante dans les années 1960, mais le noyau commençait à vieillir.  Avec Ealey aux commandes, les Ticats connurent une saison de 11-3, qui culmina avec une victoire de la Coupe Grey, qui se déroulait cette année-là à Hamilton.  Ses 291 verges par la passe, ainsi que son touché et ses 63 verges au sol valurent à Ealey le titre de joueur du match.
 
Pour ce qui est de sa saison, il fut désigné recrue de l’année, en plus d’être nomme au sein de l’équipe d’étoiles de l’est.
 
Après avoir passé une autre saison à Hamilton, il eut un lent départ en 1974, en plus d’une dispute salariale.  Les Ticats décidèrent alors de l’échanger aux Blue Bombers de Winnipeg, contre le vétéran Don Jonas.  (voir texte du 14 juillet 2013)  Son passage à Winnipeg fut par contre de courte durée, puisque l’année suivante, le jeune Dieter Brock prenait de plus en plus de plus place.  Il retourna ensuite dans le sud de l’Ontario, lorsqu’il fut échangé aux Argonauts de Toronto.
 
Ealey y connut des saisons intéressantes statistiquement, bien que l’équipe n’était pas dans ses meilleures années.
 
La carrière d’Ealey connut toutefois une fin abrupte lorsqu’en octobre, une blessure aux côtes lui causa un affaissement du poumon.  Il fut ensuite libéré par les Argos et sa tentative de retour l’année suivante fut sans succès.
 
 
Bien qu’elles ne furent réalisées qu’en sept saisons, les statistique d’Ealey montrent tout de même 13 326 verges accumulées par la passe et 82 passes de touchés.
 
Demeuré en Ontario, Ealey est par la suite devenu conseiller financier et a même tenu une chronique d’investissement à la radio.  Il a également enseigné.
 
Malgré ses accomplissements, Ealey n’a pas été retenu par le Temple de la renommée du football collégial.
 
Sources : ″Blue Bombers deal Chuck Ealey to Argonauts″, Canadian Press, 15 octobre 1975, Ottawa Citizen, p.25, ″Ealey sparks Toronto″, 23 octobre 1975, The Toledo Blade, p.20, ″Free Agent Ealey Seeks Canadian Huddle″ de Jack Hayes, 15 août 1979, The Toledo Blade, p.32, cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 8 octobre 2015

Bobby Kuntz


Alors qu’il était enfant, Bobby Kuntz déménagea avec sa famille de Cleveland à Kitchener.  Il fit ses études à l’Université McMaster, à Hamilton, où il joua bien sûr au football.
 
Après quelques saisons à jouer au niveau senior à Kitchener, Kuntz signa un contrat avec les Argonauts de Toronto en 1955.  Comme c’était commun à l’époque, il jouait autant en défensive (comme secondeur) qu’en attaque (comme centre arrière).
 
Dès 1957, Kuntz fut désigné joueur canadien par excellence de la division est, en plus de faire partie de l’équipe d’étoiles.  Il avait la réputation d’être très résistant, en plus d’être versatile.
 
Suite à la saison 1961, où Kuntz remporta un deuxième titre de joueur canadien par excellence de la division est, il dut prendre une décision difficile.  Son frère aîné, qui gérait l’entreprise familiale d’électroplacage, mourut.  Il se résolut donc à abandonner le football.  La situation fut par contre de courte durée.  Jim Trimble, l’entraineur des Tiger-Cats d’Hamilton, le convainquit de reprendre ses crampons, d’autant plus qu’Hamilton est plus près de l’usine, à Kitchener.  Les Argos durent donc se résoudre à échanger Kuntz à leurs éternels rivaux, eux qui étaient déjà à ce moment l’équipe dominante de la division est.
 
Kuntz devint un rouage important de la déjà puissante équipe des Ticats.  Il fut choisi au sein de l’équipe d’étoiles de l’est en 1962 et 1964, en plus de collaborer à leur victoire en finale de la Coupe Grey en 1963 et 1965.
 
C’est suite à la saison 1966 qu’il prit sa retraite, pour de bon cette fois, pour finalement se joindre de façon définitive à l’entreprise familiale, qui prenait de l’ampleur.
 
C’est en 2000 que Kuntz reçut un diagnostic de la maladie de Parkinson.  Il dut passer les dernières années de sa vie dans une résidence.  Il mourut en 2011, à l’âge de 79 ans, quelques mois après son frère.
 
Par contre, l’entreprise leur a survécu et elle appartient toujours à la famille.  Son chiffre d’affaire est de plus de 50 millions $, a plus de 675 employés et elle compte parmi ses clients la plupart des fabricants automobiles.
 
Sources : ″CFL mourns the loss of Bobby Kuntz″, Canadian Press, 7 février 2011 (cfl.ca), ″Toughest Ticat, Bobby Kuntz dies″, 8 février 2011, Hamilton Spectator (thespec.com), cflapedia.com, ic.gc.ca, kuntz.com, wikipedia.org.

jeudi 17 septembre 2015

John Harvey


Avez-vous dit étoile filante?
 
En 1973, les Alouettes ont joué de chance.  Ils ont recruté le demi offensif John Harvey, après qu’il eut été rejeté par Winnipeg et la Saskatchewan.  Celui-ci jouait auparavant au Tyler Junior College, au Texas.  (Les "Junior Colleges" n’ont pas le statut d’université et ne décernent pas de baccalauréats.)  Harvey est donc passé sous les radars de plusieurs et joua pour un salaire à peine plus que le salaire minimum de la ligue.
 
Harvey ne tarda pas à s’illustrer.  Au sein d’une équipe moyenne (fiche de 7-6-1), il accumula 1024 verges au sol, pour une incroyable moyenne de 7,5.  Il capta aussi 32 passes (pour 377 verges), en plus de marquer 3 touchés.
 
Sa performance impressionna suffisamment pour lui valoir le titre de joueur le plus utile à son équipe dans la division est.  (Étonnamment, il ne remporta pas le titre de recrue de l’année.  C’est plutôt son coéquipier Johnny Rodgers (voir texte du 19 juillet 2013) qui remporta la palme.)  Il fut également nommé au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue.  La NFL lui porta également de l’attention, puisqu’il fut repêché au 7e tour (158e au total) par les Rams de Los Angeles.
 
Par contre, se préparait au sud de la frontière le lancement d’une ligue qui désirait concurrencer la NFL, la World Football League (WFL).  Pour attirer des joueurs de calibre, la nouvelle ligue offrit des salaires supérieurs et Harvey ne put résister à l’offre de 55 000$ qu’il reçut des Southmen de Memphis.  Harvey ne passa donc qu’une seule saison à Montréal.
 
Harvey eut une bonne saison au Tennessee, avec 945 verges au sol, 21 passes pour 275 verges par la voie des airs, 5 touchés, en plus de lancer 3 passes (dont une pour un touché).  Les Southmen terminèrent l’année avec une fiche de 17-3 dans une ligue qui s’est par contre avérée très instable financièrement.
 
La saison 1975 de la WFL débuta avec 11 équipes (une de moins que l’année précédente et plusieurs autres qui prirent la place d’équipes en faillite).  Non seulement les Southmen faisaient partie des survivants mais en plus, ils tentèrent un grand coup.  Ils offrirent un pont d’or à trois joueurs des Dolphins de Miami, les champions du Super Bowl, pour les signer.  C’est ainsi que Larry Csonka, Jim Kiick et Paul Warfield se retrouvèrent dans l’uniforme des Southmen.  Csonka et Kiick étaient des amis de longue date et étaient reconnus pour leur habitude de faire la fête.  Csonka signa un contrat de 1,4 million pour 3 ans, une somme énorme selon les normes de l’époque, ce qui incita Harvey à maugréer et demander une augmentation.
 
Comme les vedettes Csonka et Kiick jouaient également dans le champ arrière, le temps de jeu de Harvey s’en trouva grandement diminué.  Il faut dire que le fait d’avoir été impliqué dans une histoire de trafic de drogue n’a sûrement pas aidé…  Il n’accumula que 137 verges au sol et 107 par la passe en 11 matchs.  Par contre, l’instabilité financière finit par avoir raison de la WFL, qui ferma les livres avant même la fin de la saison.
 
En 1976, les trois ex-joueurs de la NFL y retournèrent, mais pas avec les Dolphins.  Ils prirent chacun des chemins séparés.  Quant à Harvey, il retourna dans la LCF, mais avec les Argonauts de Toronto.  En 10 matchs, il fut plus utilisé pour capter des passes (458 verges, 5 touchés) que pour courir (68 verges).
 
En 1977, après avoir raté des entraînements et affiché son habituelle attitude désagréable, Harvey finit par exaspérer les Argos et fut libéré.  Il joua un dernier match avec Hamilton avant de clore sa carrière de footballeur, qui s’était annoncée pourtant si prometteuse à peine cinq ans plus tôt. 
 
Sources : ″Cahill, Rams draft Harvey but Larks’ offer looks best″ de Ian MacDonald, 6 février 1974, Montreal Gazette, p.35, ″WFL’s job simple: finish season and stay solvent″ de John Crittenden, 30 juin 1975, The Miami News, p.1C, ″Ex-Lark Harvey demands $100,000 from Memphis″ 3 juillet 1975, Montreal Gazette, p.39, ″Absence of Orr from WHA puts stress on Howe return″ de Brodie Snyder, 17 septembre 1975, Montreal Gazette, p.15, ″Argos fed up with Harvey″, Canadian Press, 10 juin 1977, The Ottawa Citizen, p.14, cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 20 août 2015

Damon Allen


Pendant que son grand frère Marcus excellait avec les Raiders de Los Angeles, Damon Allen jouait au football et au baseball à California State University – Fullerton.  En 1984, il termina 16e au scrutin pour le Trophée Heisman.  Pourtant, ce n’est pas pour ses talents au football qu’il fut repêché, mais bien pour ceux au baseball.  Il fut un choix de 7e tour des Tigers de Détroit.  Malgré cela, c’est au football qu’il fit carrière.  Il signa en 1985 avec les Eskimos d’Edmonton, pour être le substitut du quart Matt Dunigan.
 
Lors de la finale de la Coupe Grey de 1987, Dunigan se blessa et Allen se retrouva donc aux commandes de l’attaque des Eskimos lors du match de la Coupe Grey.  Dans un match serré, Edmonton eut le dessus sur Toronto par la marque de 38-36.  Avec entre autres deux passes de touché et un autre qu’il a marqué lui-même, Allen fut désigné le joueur du match.
 
En 1989, les Rough Riders d’Ottawa le signèrent pour en faire leur quart partant.  Toutefois, Allen était encore en apprentissage et il se faisait intercepter souvent.  Par contre, il faut dire que l’équipe était mauvaise et qu’il n’était pas bien entouré.  Quart mobile, Allen devait donc souvent prendre les choses en main lui-même et il mit en valeur ses talents au sol.  D’ailleurs, en 1991, il accumula plus de 1000 verges par la course, en plus de marquer huit touchés.  Cette même année, il obtint tout de même 4275 verges par la passe.
 
Après un bref passage à Hamilton, Allen retourna à Edmonton en 1993.  Encore une fois, les Eskimos se rendirent en finale, remportèrent la Coupe Grey et Allen fut nommé joueur du match.
 
Allen fut alors tenté par un retour au baseball.  Il signa même un contrat avec les Pirates de Pittsburgh et se présenta au camp de 1994, mais il finit par changer d’avis et décida de poursuivre sa carrière au football. 
 
En 1995, il fit partie de la brève histoire des Mad Dogs de Memphis.  L’équipe n’était pas mauvaise (fiche de 9-9).  Par contre, elle eut de la difficulté à faire sa place dans son marché, où le football universitaire était roi et où les gens n’étaient pas familiers avec les règles canadiennes.  À la fin de la saison, les Mad Dogs, tout comme les autres équipes américaines de la LCF, furent rayés de la carte.
 
Allen dut alors revenir au nord de la frontière.  Il se trouva du boulot avec les Lions de la Colombie-Britannique.  Il y trouva finalement un peu de stabilité, en y demeurant pendant sept saisons et en surpassant à quelques reprises son sommet personnel en termes de verges par la passe.
 
Au cours de la saison 2000, il mit la main sur un record prestigieux, en surpassant la marque de 50 535 verges de Ron Lancaster (voir texte du 17 août 2013), jusque-là le quart ayant accumulé le plus de verges par la passe de l’histoire de la LCF.  Les partisans des Alouettes se souviendront aussi que cette même saison s’est terminée par  victoire des Lions aux dépens de Montréal à la Coupe Grey, dans un match qui s’est décidé à la toute fin.  La Colombie-Britannique l’a emporté 28-26.
Pour la saison 2003, les Lions décidèrent de se rajeunir au poste de quart en faisant l’acquisition de Dave Dickenson des Stampeders.  Allen, maintenant âgé de 39 ans, avait tout de même toujours suffisamment de valeur pour être échangé contre un choix de deuxième tour aux Argonauts de Toronto.
 
Comme un bon vin qui s’améliore en vieillissant, Allen montra que malgré son âge, il avait toujours de l’essence dans le réservoir. 
 
En 2004, il mena les Argos à la Coupe Grey et avec une passe de touché et deux autres au sol, il se mérita un troisième titre de joueur du match et ce, contre les Lions, son ancienne équipe.
 
En 2005, alors qu’il courait moins qu’auparavant, il surpassa son record personnel en accumulant 5082 verges par la passe.  Il fut choisi cette même année au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue et comme meilleur joueur de la ligue, à l’âge de 42 ans.  Étonnamment, il s’agit de la seule fois dans sa longue carrière qu’il se mérita ces honneurs.  (Il avait été nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’est en 1991 et celle de l’ouest en 1999.)
 
Lors de la Classique de la Fête du travail de 2006, contre les éternels rivaux des Argos, les Tiger-Cats d’Hamilton, Allen établit un nouveau record.  Il surpassa le total de 70 553 verges de Warren Moon (voir texte du 5 septembre 2012), pour devenir le quart arrière professionnel ayant accumulé le plus de verges par la passe.  (Le total de Moon a été accompli dans la LCF et dans la NFL, alors qu’Allen n’a joué que dans la LCF.)
 
Le temps finit par contre par rattraper Allen. Il subit des blessures, puis dut partager son temps de jeu avec d’autres.  La saison 2007 s’avéra finalement sa dernière, à l’âge vénérable (pour un joueur de football) de 44 ans.
 
 
Son total de 72 381 verges par la passe a depuis été surpassé par Anthony Calvillo.  Et signe de la grande mobilité qu’il a démontrée au cours de sa carrière, il montre un total de 11 920 verges au sol, le troisième plus élevé de l’histoire de la LCF, derrière Mike Pringle et George Reed.  (voir texte du 11 janvier 2013)
 
Demeurant toujours dans la région de Toronto, il a été élu au Temple de la renommée du football canadien en 2012.
 
Sources :
Willes, Ed, End Zones & Border Wars, Harbour Publishing, 2013, p.153 à 161,
 
cflapedia.com, wikipedia.org.

mardi 23 juin 2015

J.C. Watts


Julius Caesar Watts Jr. est originaire de l’Oklahoma.  Son père était un pasteur baptiste et a été le premier policier noir de sa ville d’Eufaula, une communauté pauvre et rurale.
 
Junior se mit plus tard au football, comme c’est très commun dans ce coin de pays.  En tant que quart-arrière, il devint le premier noir de son école secondaire à occuper cette position.
 
Le chemin naturel pour Watts consista ensuite à se diriger vers les Sooners de l’Université de l’Oklahoma, où il devint le deuxième quart de l’équipe.  Ne progressant pas au rythme voulu, il abandonna deux fois, jusqu’à ce que son père le convainque de revenir sur sa décision.  Watts devint finalement quart partant et il mena les Sooners à la victoire lors de l’Orange Bowl en 1979 et en 1980.
 
Au repêchage de 1981, il fut choisi en huitième ronde (213e au total) par les Jets de New York, même si les quarts noirs étaient très rares à ce moment.  Il prit finalement le chemin du Canada, en s’alignant avec les Rough Riders d’Ottawa.
 
Watts parvint à s’illustrer au sein d’une équipe faible, qui montra une fiche de 5-11.  Par contre, ce fut suffisant pour se faufiler dans les séries.  À ce moment, les Riders causèrent la surprise en éliminant les champions de l’est, les Tiger-Cats d’Hamilton.
 
Ottawa se retrouva donc en finale de la Coupe Grey, qui avait lieu au Stade Olympique de Montréal, contre les puissants Eskimos d’Edmonton.  Ces derniers, menés par Warren Moon (voir texte du 5 septembre 2012), étaient en quête d’une quatrième Coupe Grey consécutive, ce qui aurait constitué un record.
 
Watts a toutefois pris les choses en main et à la demie, les Riders menaient 20-1.
 
Les Eskimos se sont par contre ressaisis en deuxième demie.  Dave Cutler a effectué un botté de placement dans les dernières secondes du match et les Eskimos l’ont emporté de justesse 26-23.  L’année suivante, ils ont remporté une cinquième Coupe Grey consécutive, une marque qui tient toujours.
 
Toutefois, malgré la défaite, les 209 verges obtenues par la passe et les 29 autres qu’il a lui-même couru valurent à Watts d’être désigné joueur offensif du match.  Watts avait par contre accordé un revirement inopportun en fin de match.
 
Suite à une dispute salaire, Watts rata la saison 1982 en entier.
 
Watts revint avec l’équipe en 1983.  À chacune des trois saisons suivantes, il accumula autour de 3000 verges par la passe.  Toutefois, il accordait également beaucoup d’interceptions et les résultats de l’équipe étaient plutôt moyens.
 
Au cours de la saison 1986, il fut libéré par Ottawa et réengagé par les Argonauts de Toronto.  Il prit ensuite sa retraite du football.
 
Il retourna alors vivre en Oklahoma, devint pasteur baptiste comme son père et démarra une entreprise de construction.  C’est dans ce contexte que, suite à sa frustration d’avoir à faire face à des réglementations gouvernementales, qu’il décida de s’impliquer en politique et de militer au sein du Parti républicain.  À noter que sa famille était traditionnellement très démocrate.
 
En 1994, il se porta candidat au Congrès avec des positions conservatrices, entre autres en faveur de la peine de mort et contre l’avortement.  Watts reçut l’appui de plusieurs noms importants du parti et parvint à remporter l’élection contre un adversaire démocrate plus connu que lui.  Il devint l’un des deux noirs au Congrès du côté républicain et le seul du sud en plus d’un siècle.
 
Toujours associé à l’aile conservatrice du parti, il fut réélu en 1996, 1998 et 2000, sa dernière élection.  Il a également été co-président de la campagne présidentielle de Bob Dole en 1996.
 
Il a par la suite été lobbyiste, commentateur politique, membre de conseils d’administration, en plus d’écrire sa biographie.
 
Sources : ″Another small crowd watches Riders top Concordes″ de Dick Bacon, 23 juin 1982, Montreal Gazette, B-7, ″Super Bowl XXIX; Former Football Stars Bring Game Plans to Capital″ de Paul Kuharsky, 28 janvier 1995, The New York Times (nytimes.com), cflapedia.com, wikipedia.org.
 

 

dimanche 7 septembre 2014

Terry Evanshen

Originaire de Pointe-Saint-Charles, Terry Evanshen avait été recommandé par J.I. Albrecht, du personnel des Alouettes, à l’Université Utah State.  Suite à son stage universitaire, il revint dans sa ville natale et se tailla un poste avec l’équipe pour la saison 1965.  Il ne mit pas de temps à s’illustrer avec les Zoiseaux.  Malgré un physique peu imposant (5'10'' 185 lbs), il était fiable.  Il se mérita le titre de recrue de l’année dans la division est, en plus d’être nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’est, comme receveur de passes.

Par contre, les Alouettes étaient dans une période trouble, où l’administration prenait des décisions plutôt discutables.  Malgré que l’équipe venait d’afficher une fiche perdante pour une septième saison de suite où Evanshen représenta une rare attraction, elle échangea sa nouvelle sensation pendant le camp d’entraînement.  La direction ne voulait pas rencontrer les exigences salariales trop élevées de la part de son confiant jeune joueur.  De plus, apparemment qu’Evanshen ne s’entendait pas avec le nouvel entraîneur, Darrell Mudra. Il se retrouva ainsi dans l’uniforme des Stampeders de Calgary.  Tony Pajaczkowski, un joueur étoile d’origine montréalaise, mais en fin de carrière, prit le chemin inverse.
 
Sa nouvelle équipe l’utilisa plus que l’année précédente et Evanshen en profita.  Ses réceptions passèrent de 37 à 67 et ses verges accumulées, de 631 à 1200, un sommet dans l’ouest.
 
En 1967, Evanshen continua sur sa lancée, avec 96 réceptions (un record à l'époque), 1662 verges, 17 touchés, une nomination au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue et le titre de meilleur joueur canadien.
 
L’année 1970 marqua un renouveau chez les Alouettes, avec un nouveau propriétaire (Sam Berger, voir texte du 5 novembre 2012), qui ramena les ancienne gloires Red O’Quinn (voir texte du 2 décembre 2013) comme dg et Sam Etcheverry (voir textes du 2 et du 6 juillet 2013) comme entraîneur.  La nouvelle administration s’affaira à corriger l’erreur de 1966 en rapatriant Evanshen, membre de l’équipe d’étoiles de sa division à chacune de ses cinq saisons.
 
L’équipe afficha un certain progrès, avant d’y aller de surprise en surprise en séries, jusqu’à gagner une première Coupe Grey en plus de vingt ans.  Il s’agissait de la deuxième de l’équipe.
 
La saison 1971 montra un retour aux vieilles habitudes.  Leur fiche de 6-8 fit rater les séries aux Alouettes.  Toutefois, ça n’empêcha pas Evanshen de s’illustrer.  Son total de 852 verges lui valut un deuxième titre de meilleur joueur canadien de la ligue.
 
Les années suivantes furent moins intéressantes pour Evanshen et ses performances allèrent en déclinant.  Pour la saison 1973, ses statistiques se limitèrent à 278 verges et un touché.  L’année suivante, il fut retranché pendant le camp, pour ensuite se retrouver avec Hamilton.  Il y fut pour quatre ans, incluant une très respectable saison 1975 (970 verges, 13 touchés et une autre nomination au sein de l’équipe d’étoiles de la division).

En 1978, il passa une dernière saison avec les Argonauts, avant de prendre sa retraite.  Au total, il capta 600 passes, pour 9670 verges et 80 touchés.
 
Il fut élu membre du Temple de la Renommée du football canadien en 1984.  À quarante ans, il était le plus jeune à recevoir cet honneur.
 
En 1988, Evanshen fut victime d’un grave accident d’automobile, lorsque sa jeep fut heurtée sévèrement.  Contre toute attente, il survécut.  Par contre, lorsqu’il sortit du coma deux semaines plus tard, il ne se souvenait de rien et ne pouvait même plus reconnaître son épouse et ses trois filles.  Le retour à la normale fut long et pénible.  Son parcours inspira un livre, “The Man Who Lost Himself”, qui fut adapté en téléfilm en 2005. 
 
Depuis 1992, il est conférencier, où il raconte son histoire.
 
En 1994, la LCF nomma le trophée récompensant le meilleur joueur de la division est le Trophée Terry Evanshen.
 
Sources: 
 
Lemay, Daniel, Montréal Football, un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.130 à 136, 181,
 
“Alouettes Get Pajaczkowski, Lose Evanshen In Trade” de Bob Scott, 20 mai 1966, Montreal Gazette, p.17,
 
cflapedia.com, terryevanshen.com, wikipedia.org.